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Romans

Carole et Clark de Vincent Duluc

Amie Lectrice, Ami Lecteur, si vous êtes, comme moi, un aficionado des films Hollywoodiens au charme un brin suranné, vous apprécierez la lecture de ce livre de Vincent Duluc, par ailleurs, émérite journaliste sportif, qui écrit en permanence des articles enlevés, ciselés, soignés en écriture, sur mon équipe de cœur, l’Olympique Lyonnais, dans le journal L’Équipe, puisque je vis en cette Ville, depuis près de quarante ans.

Carole Lombard est décédée, très jeune, alors que sa carrière était reconnue, mais qu’elle pouvait encore aller plus loin.

Elle a été victime d’un terrible accident d’avion, alors qu’elle revenait d’un meeting, haranguant les foules, en plaçant sa notoriété, pour que l’Amérique entre en guerre, se positionne en appui des démocraties occidentales, surtout après le terrible impact de Pearl Harbor.

Elle était proche du parti démocrate, très en soutien de la politique de Roosevelt.

Elle vivait avec Clark Gable qu’elle avait épousée, après plusieurs déboires sentimentaux personnels.

Elle était devenue celle qui vivait avec le grand Clark, ce coureur de jupons invétéré, aux relations dissolues, souvent ravagé par les méandres de l’alcool lancinant.

Elle avait conquis celui que toutes les femmes rêvaient d’embrasser, d’attendrir, que les actrices d’Hollywood voulaient pour elles. Clark était resté avec Carole, avec elle seule, dans un respect mutuel de leurs indépendances, dans la volonté de construire un projet commun, tout en acceptant de se critiquer et de prendre des marques avec des différences, par fréquences.

Carole avait pris l’avion pour rejoindre plus vite Clark, qu’elle imaginait, peut-être, dans les bras d’une autre, après ce meeting patriotique où sa prise de parole fut tellement saisissante, en ce début 1942, qu’elle a pu récolter de fortes donations pour l’effort de guerre et pour l’appui aux soldats.

Clark a tellement été ravagé par ce coup du destin, lui, l’homme à femmes, lui l’amant aux aventures systématisées et volages, que, jamais plus, il ne retrouvera un amour d’une telle intensité, qu’il organisera un mausolée où reposeront pour l’éternité, unis à jamais, Carole et Clark.

Clark se sentait plus proche des Républicains, de leur conservatisme à la fois éloigné des émancipations des ségrégations et des acceptations libérales sollicitées notamment par les féministes, mais au contact de Carole, il deviendra plus ouvert, plus à l’écoute, acceptant des messages différents, parce que c’était elle, parce que cela venait d’elle…

Ce livre est écrit magnifiquement car :

  • Il sait parler des amours, des passions, des extases, il montre que la relation charnelle de Carole et de Clark était à la fois résolue et irrésolue, car ils se sont aimés, ils s’aimaient, mais ils s’épiaient et se défiaient en permanence, tout en conservant la saveur d’une union concrète, marquante et fiable.
  • Il sait évoquer les excès, de l’alcool pour Clark, des jalousies même masquées et des secrets enfouis et rudes familiaux (notamment avec le rôle intrigant joué par sa mère, disparue aussi lors du même accident d’avion) pour Carole.
  • Il décrit des films merveilleux (« Autant en emporte le vent »), mais aussi des niaiseries sur lesquels les acteurs et actrices Hollywoodiens devaient retour à leurs producteurs, elles et eux qui étaient starifiés, grassement payés, mais peu considérés, peu admis aux débats, souvent livrés aux obéissances et à la servilité de ce que l’on créait pour elles et eux.
  • Il montre le racisme ambiant, la phallocratie récurrente, le poids des combines (si un acteur commet une faute, on fera tout, y compris le pire, pour la laver et qu’elle ne s’ébruite pas) dans des studios fascinants mais qui enferment.
  • Il vous donnera envie de retrouver Carole dans ses films, notamment dans « Nothing sacred », traduit stupidement en français par « La Joyeuse suicidée », et de revoir Clark, dans son dernier film « The Misfits » (« Les Désaxés ») , où Marylin Monroe avait l’impression de croiser son père spirituel, elle aussi, comme lui, pour son dernier film…
  • Et ce livre vous montrera comment les studios Hollywoodiens créaient de toutes pièces les lumières et les adorations, les amours et les crises, souvent pour développer des sensations incessantes chez les spectateurs, mais aussi en régentant les vies d’actrices et d’acteurs fascinés, souvent malheureux…

Un livre brillant, avec un style très expressif, qui montre que Vincent Duluc sait être , à la fois, un journaliste captivant et un auteur qualitatif.

Éric

Blog Débredinages

Carole & Clark

Vincent Duluc

Stock Roman

18.50€

La soustraction des possibles de Joseph Incarnoda

Attention, Amie Lectrice et Ami Lecteur, ce livre écrit sans concession, de manière très directe, rude et corrosive, ne vous laissera nullement indifférent, ses messages vous seront inscrits en mémoire pour un bon moment, car il parle d’un passé proche, impudique, où l’argent roi devenait le centre de tout, et il rappelle aussi que ce conditionnement peut ressurgir en permanence, si tenté qu’il se soit évaporé depuis lors…

Aldo Bianchi est un professeur de tennis, bien mis de sa personne, et il sait qu’il plait à certaines de ses élèves, en manque affectif, notamment à celles qui s’ennuient d’une vie pourtant aisée et sans contrainte, mais où le piment, le relief, la capacité d’émotion, la différence attendue, apparaissent peu fréquentes, remplacée par une réalité terne, ankylosée, sclérosée, par la monotonie des habitudes, par la nécessité de toujours paraître, en perfection, au milieu du cœur de jet-set.

Odile s’est laissée séduire par Aldo, elle a même fait en sorte qu’il s’éprenne d’elle, ensemble ils passent du bon temps, Odile se sent revivre, se sent reféminisée, à la fois sur le plan intime et dans sa projection future.

Elle aime Aldo, mais elle ne sait si la réciprocité est assurée, alors elle l’invite dans des restaurants qualitatifs, lui offre des cadeaux de marque, en évitant qu’il prenne ses attentions comme une acceptation d’une situation de gigolo.

Odile délaisse son mari, qui semble accepter que sa femme recherche l’amour, ailleurs, même s’il regrette que toute sa fortune soit aussi utilisée pour ce type de caprices, lui qui travaille sans relâche dans des affaires que l’on ne cerne pas, mais qui apparaissent clairement avec des oublis de sens moral, même si en cette Suisse Genevoise, la fin et la faim d’argent justifient les moyens et le fait d’avoir des moyens, de forts moyens même…

En cette période de fin des années quatre-vingts, en Helvétie du monde des affaires, le mari d’Odile mise sur les OGM, susceptibles de rapporter beaucoup…

Svetlana travaille en une Banque d’importance, référencée sur Zürich, elle est le bras droit du Directeur, mais elle attend beaucoup plus de sa carrière, elle est prête à donner de sa personne, jusqu’à la limite de la convenance, pour faire fructifier son désir de possession financière, pour assurer la sécurité de sa fille, elle qui a vécu la pauvreté en République Tchèque et n’imagine pas, une seule fois, revenir en arrière, en cette condition honnie…

Christophe Noir, un banquier sans scrupule, apte à toutes les bassesses, pourvu que les stratégies rapportent, n’imagine pas ne pas conquérir Svetlana, elle qu’il considère comme l’incarnation absolue de la femme désirable, à posséder, puisqu’il vit de sa puissance, que le corps d’une femme n’est repéré que par sa chair à assouvir…

Aldo remarque Svetlana, en une soirée, lui qu’Odile a affecté pour des missions de confiance, entre France et Suisse, en transport d’argent très secret, qu’il camoufle comme s’il était VRP, et il se sent plus que fortement attiré par la Belle, et la réciprocité semblerait assez envisageable, avec une perception qu’un début d’amour pourrait même se tisser…

Ensemble ils décident de s’unir pour tenter d’obtenir le jackpot, qui leur assurera un avenir financier très fiable, la promesse d’un bonheur permanent, puisqu’ils croient que le « bonheur c’est d’avoir… », mais les personnes rencontrées, dans leurs organisations et missions respectives, n’hésitent pas à combiner avec la violence ou le crime, et ils sembleraient l’oublier, et il conviendrait qu’ils se rappellent de ne pas tenter de se bruler les ailes, par trop forte avidité…

Ce livre, bien mené, avec une narration décapante qui, si elle se place à la fin des années quatre-vingt, à la future chute de l’URSS prévisible et déjà en prémices, en pleine période du capitalisme triomphant, de la richesse présentée et positionnée sans aucune retenue, en totale impudeur, structure des renvois réguliers en nos temps présents, avec un humour cinglant et vif.

Vous aurez ainsi la possibilité de côtoyer :

  • Un ancien immigré Chilien, qui a connu les geôles de Pinochet, qui se verrait, cependant, bien devenir nouveau riche, surtout pour assurer son addiction au jeu…
  • Des sbires de la mafia Albanaise, prêteurs usuriers et proxénètes ayant maté des filles, en leur faisant vivre des sévices effroyables, mais qu’elles ont fini par endurer et même capter, si l’on peut dire, qui maintenant sont prêtes à faire tout ce qu’on leur demande, avec l’espoir d’une petite reconnaissance, d’une once de liberté et de finances coulant à flot…
  • Un Papy Corse, en fin de vie, mais toujours partant pour un nouveau coup, pour faire fructifier son magot, pour le respect de la famille et de son aura, pour l’assurance d’une vie confortable pour sa petite fille. Sa sœur suit ses consignes, agit, et elle est toute aussi capable de profiter d’un moment apprécié, en un bouchon sur Lyon, que d’organiser un règlement de compte sanglant, pour punir celles et ceux qui auraient voulu se risquer à la détrousser ou à empiéter sur son domaine. On l’appelle Mimi, elle sait repérer les failles de celles et ceux avec lesquels elle travaille, elle voit vite que Svetlana et Aldo tombent dans le sentimentalisme affectif, qu’ils s’aiment, ce qui semblerait compromettant pour le maintien d’affaires solides et ce qui pourrait, aussi, les entraîner en une chute précipitée…
  • Un détective privé qui, sollicité par Odile, traîne ses pieds pour prendre des photos d’amants qui oublient leurs promesses, qui se demande comment l’on peut encore se vautrer de sentimentalisme, alors que l’argent ne sait plus comment être dépensé, en ces familles du bord du lac Léman, totalement grandiloquentes, heureuses et factices de leurs trains de vie, totalement inconséquentes en la platitude de leurs discours ou de leurs projets…
  • Un couple de Zurichois, sans enfant, qui semblerait accepter l’ouverture, la critique et la tolérance, mais qui sait garder des secrets, surtout assurer ses arrières, en acceptant toutes les compromissions et les désaveux de la soi—disant amitié économique…

Vous apprécierez aussi les légèretés et poésies de l’auteur, qui revient régulièrement à l’analyse des romans et textes narratifs de Ramuz, par récurrences dans le livre ; Ramuz, que Céline reconnaissait comme un véritable auteur (ce qui était très rare chez lui), ce qui me donne envie d’aller plus loin et de lire ou relire son œuvre.

Et vous refermerez cet opus en vous disant que si l’argent ne fait pas le bonheur, « cela aide à faire les commissions », comme disait le philosophe Coluche, mais s’il convenait d’être trop gourmand, une alerte doit transparaître, nous éveiller, pour rappeler que bien mal acquis ne profite jamais et que l’argent roi fait souvent perdre la raison et parfois tous les essentiels…

Éric

Blog Débredinages

La soustraction des possibles

Joseph Incardona

Éditions Finitude

23.50€

Escaliers, Une passion avec Louis-Ferdinand Céline, d’Évelyne Pollet

Amie Lectrice et Ami Lecteur, vous n’ignorez pas mon enivrement récurrent pour mon auteur de référence, Céline, que j’essaie, par fréquences, de connaître le mieux possible, dans toutes les acceptions de son œuvre.

Abonné au Bulletin Célinien, qui sans relâche, avec force investissement, ténacité opiniâtre, travaille, pour que l’analyse profonde, réflexive de l’ensemble du corpus littéraire et de correspondances de Céline, fasse l’objet d’études argumentées, de notes inspirantes et de mise en perspectives, j’ai eu le bonheur de découvrir que le livre d’Évelyne Pollet faisait l’objet d’une réédition.

J’ai donc souscrit pour recevoir cet opus, et je l’ai lu et relu avec un intérêt majeur puisqu’il constitue à la fois une force émotive et une retranscription historique narrée.

Corinne, alias Évelyne, vit à Anvers, et se sent subjuguée par les tableaux de Charbier, peintre qui expose en une galerie de la ville.

Corinne, dès la première découverte des œuvres de l’artiste, maîtrise et connaît la profondeur qui se dégage de son travail, qui associe capacité à illustrer les sentiments et états d’âme de ses visages ou portraits, pour les placer en un univers urbain sombre, pour porter les regards en des directions hautes, majeures, élevées, intenses.

Seul Charbier, peintre qui reprend les traits physiques caractéristiques de Céline, a la possibilité de permettre à Corinne de dépasser les extases que l’on peut avoir, parfois, face à une toile, à un tableau.

Charbier, lui, va au-delà, il transcende les sens de beauté inassouvie, pour déplacer son œuvre sur l’axe de la magnificence, de la pureté, de la primaire fougue qui se détache au regard, entraînant Corinne dans l’abime de ce qui indicible, de ce qui dépasse tout ce qui fut entrepris auparavant.

La peinture de Charbier raconte, décrit, positionne, et quand on la rencontre, on est à la fois subjugué, anéanti, on ne peut imaginer trouver pareil manifeste, aussi incomparable talent.

Corinne se permet de l’approcher, alors qu’on lui raconte que Charbier est un homme froid, distant, fruste, difficile, peu reconnaissant, avare de débats.

Charbier apprécie Corinne, lui donne de l’intérêt, lui procure le plaisir d’être cernée comme non seulement une groupie de passage, mais comme une personne digne de respect, dont les messages artistiques sont écoutés.

Charbier sait qu’il séduit Corinne, et Corinne sait qu’elle est séduite irrémédiablement, intensément, par Charbier.

Ils deviennent rapidement amants.

Corinne plonge dans un désir absolu, avec une irrépressible envie de l’assouvir avec majesté, car quand elle se donne à Charbier, elle se donne à l’art, et pas à n’importe quel art, à celui immense, poétisé, porteur, unique, émérite d’un artiste admiré et irremplaçable.

Corinne écrit, elle n’hésite pas à demander conseil à Charbier pour pouvoir améliorer sa narration et obtenir des appuis auprès des éditeurs.

Charbier s’y emploie, pas que pour se donner bonne conscience, mais aussi par sympathie pour celle qui a su lui dire qu’elle était plus qu’émerveillée par ses créations, par ce qu’il inspirait, représentait, développait, engendrait.

Corinne ne travaille pas, elle s’occupe de ses enfants du mieux possible et elle les aime fortement ; elle apprécie son mari, qu’elle a trompé une fois, en se reprochant à la fois cette faiblesse, mais aussi en repérant que son mari doit être plus original, sortir des facilités et des habitudes ou atermoiements.

Sa liaison avec Charbier n’est pas une infidélité, car Charbier représente l’art en sa perfection dimensionnée, et quand on peut le rencontrer, même le mari infortuné, s’il le savait, ne pourrait retenir l’inconséquence conjugale, car sa femme a eu le bonheur de rencontrer l’unique et l’exceptionnel, ce qui ne peut être que l’assurance de la reconnaissance d’une épouse hors norme…

Elle écrit à Charbier qui lui répond d’abord très rapidement, puis de façon plus épisodique ; elle lui en veut de son retard de transcription, de ne pas lui donner de nouvelles, et elle se lamente sur ses venues sur Anvers, bien trop espacées.

Quand elle viendra sur Paris, pour le rencontrer, il sera un conseiller positif pour ses productions littéraires, un bon compagnon de promenade, mais elle lui reprochera, sans jamais lui avouer, de ne pas lui déclarer sa flamme, de ne pas l’envelopper d’un amour furieux, de ne pas la posséder, de ne pas la reconnaître comme la femme enfin attendue…

Mais Charbier, alias Céline, se place au-dessus de ces contingences ; il batifole avec Corinne, il apprécie sa présence, il aime lui donner la main, il est heureux de prendre du plaisir avec elle, mais il ne l’aime pas, il ne veut pas vivre avec elle, il n’a pas de passion pour elle, et il veut rester indéfectiblement libre, même s’il doit faire de la peine à une Corinne qui aimerait tant que les choses prennent une autre tournure…

Corinne va avoir la fièvre de l’amour transi déçu, va devenir maladivement endolorie, et sa famille va la placer pour qu’elle puisse se ressourcer, se retrouver, se reconstruire, même si elle ne cerne pas les raisons de ce dépérissement.

Elle rencontrera Gerbault, en cure, qui lui fera du bien, qui saura la comprendre, envers lequel elle se blottira, qui n’hésiterait pas à l’emporter avec lui, à lui apporter tout ce dont elle aurait besoin.

Si Corinne reste reconnaissante à Gerbault de sa compassion, de son amour direct et compréhensif, elle veut retrouver Charbier, car elle ne peut imaginer qu’il ne puisse pas remarquer, reconnaître, intégrer, repérer qu’elle, et elle seule, constitue la femme idéale et rêvée, pour l’accompagnement d’un artiste d’un tel retentissement.

De Paris à Saint-Malo, Corinne prendra tous les risques, affrontera tous les tourments, acceptera tout ce qu’elle nommerait « ingratitudes », se placera en toutes les fièvres de l’âme, en tous les tourbillons produits par le corps quand la frénésie de la passion s’affiche, mais elle ne pourra pas être mieux reçue qu’une amie, une personne dotée de charme poétique, par un Charbier qui ne peut agir en fidélité, en organisation de vie, qui semble en plus assez séduit par une danseuse, toute jeune…

Ce livre développe un charme suranné, où la passion d’une femme enivrée, qui se consume jusqu’à en perdre la raison et l’étincelle de vie pour séduire et s’adonner un artiste différent, qui crée ce qui n’a jamais existé jusque-là, représente une attraction prodigieuse.

Il est très bien écrit, avec une force émotive lancinante, prenante et il constitue un témoignage remarquable de ce que fut Céline : un artiste créateur accompli, sans concession, livré en amour comme en art, avec la fougue Rimbaldienne de la « liberté libre », qui se refuse aux limites, aux acceptations des normalités et dogmes, surtout d’ordre passionnel ou amoureux, qui a su séduire une femme, qui attendait tellement plus de lui…

Un livre à lire, à savourer, pour vivre intensément, et tendre vers les créations essentielles !

Éric

Blog Débredinages

Escaliers

Une passion avec Louis-Ferdinand Céline

Préface de Marc Laudelout, incomparable passeur de champs de connaissance sur Céline, avec

Le Bulletin Célinien, qu’il met en scène depuis quarante ans ! Respect indépassable pour lui !

Postface de Jeanne Augier

La nouvelle librairie éditions

Du côté de Céline, collection dirigée par Émeric Cian-Grangé

Gâchis à Karachi – OSS 117, de Jean Bruce

Amie Lectrice et Ami Lecteur, je vous souhaite une année 2021 apaisante, protectrice en santé, nous permettant, aussi, de reprendre le cours d’une vie la plus « normale » possible…

Question « normalité », je suis toujours en introspection, car je considère que le systématisé rationnel et le permanent « classique » n’ont jamais apporté que la répétition de dogmes, alors que le différent et l’innovant forgent la création, assurent un partage de découvertes.

Question « normalité », OSS 117 – que vous avez forcément apprécié sous les traits de Jean Dujardin, sur le plan filmique – ne répond pas aux critères habituels, se place souvent en contradiction totale avec les attentes et repères, pour orchestrer une personnalité décalée, courageuse, volontariste, souvent iconoclaste, suscitant des débats récurrents pour celles et ceux qui le côtoient en ses aventures.

Pour cette première chronique de l’année, je me place en ses pas, avec la réédition d’un roman de son auteur de référence, malheureusement un peu tombé, injustement, dans l’oubli, Jean Bruce, avec un livre qui se déroule au Pakistan, au tout début de l’indépendance du pays, après la fin de l’Empire Britannique.

OSS 117, alias Hubert Bonisseur de la Bath, passe quelques jours aux Etats-Unis et recroise une de ses ex-compagnes de moments affectifs (Hubert, comme James Bond, collectionne les « conquêtes » pour une durée assez déterminée, et cette forme de phallocratie, sous-entendue, ne constitue nullement un méfait hautain de l’homme dominateur, mais une acceptation bilatérale, avec les femmes rencontrées, de moments de partages égalitaires) , Elaine, qu’il avait dû quitter brutalement, antérieurement, accaparé par une mission secrète qui l’obligea à partir sur le champ.

Il se permet de la séduire, de nouveau, en lui démontrant que l’homme avec lequel elle se trouve ne la mérite pas.

Sans trop de contraintes, peu rancunière du passé avec ce départ précipité proche de la goujaterie, acceptant les excuses d’Hubert, Elaine poursuit la route en direction de New-York, avec lui ; ensemble ils s’arrêtent, en un motel, pour une nuit qui s’annonce pétillante…

Mais Hubert reçoit la visite d’un membre des services secrets, qui savait où il se trouvait – car sa voiture est toujours surveillée – lui demandant instamment de partir, sur le champ, en mission, pour le Pakistan où Mary MacBean, dite Mamie, a disparu, alors qu’elle essaie de négocier la valeur de microphotographies Britanniques recensant les analyses et procédés permettant à un engin, quel qu’il soit, d’apparaître invisible, pouvant ainsi neutraliser aisément des tours de contrôle, représentant une avancée réelle dans la progression des stratégies, notamment militaires.

Hubert reçoit des papiers l’identifiant comme le neveu de Mary, qu’il doit retrouver, car il constitue la seule famille de sa Tantine…

Hubert interviendra, avec cavalcades, dans différentes régions du pays, de Karachi à Lahore, de la frontière Afghane à Peshawar, lieux aujourd’hui signes de terrorismes, d’ostracisme, d’absolutisme religieux et de tensions extrêmes, où tout occidental est honni.

Quand Hubert effectue sa mission, le pays est déjà livré à des trafics, calculs, vindictes et violences.

Hubert va devoir affronter, par deux fois, une relation avec un naja, qu’il retrouve dans son lit d’hôtel et dans un taxi.

Il est souvent mis en difficulté avec des éléments compromettants placés dans ses valises pour qu’il soit confondu par la police locale.

Il se doit de combattre, avec sa savate de boxe française, bien ajustée, contre un homme qui l’écoute attentivement et l’espionne, contre un possible ingénieur Allemand qui semble bien vouloir contrecarrer ses projets et retrouvailles avec Mary…

Il fera face à la chaleur intense et suffocante des avions locaux, des engins de transport du pays, se tiendra en permanence sur ses gardes, car il peut être épié, mis en cause et observé.

Sa rencontre avec Françoise va lui permettre d’affronter plusieurs nouvelles étapes.

Hubert découvre Françoise, comme danseuse de cabaret ; elle se met à ses côtés, à la fois par volonté de protection, partage des connaissances concernant les réalités du pays – puisqu’elle a accompli des missions pour son boss de club – et aussi par plaisir de partager la vie trépidante d’Hubert, pleine d’imprévus, avec des moments de repli doucereux, cependant…

Ensemble, avec des rebondissements et des perceptions mutuelles de trahison potentielle, ils vont avancer dans l’enquête qui permettra d’observer que les services secrets savent manipuler à la perfection, déclamer que rien n’est plus rationnel que l’irrationnel, car si l’on veut s’assurer que des plans de techniques nouvelles ingénieuses ne puissent s’évader, il est impératif de laisser appréhender l’idée que l’évasion est en cours, en la suscitant même…

Hubert, avec tact, élégance, sens de la répartie et de l’humour, à chaque instant, vous associera dans sa quête, au rythme de chapitres enlevés, très agréables en lecture, savoureux dans les chausse-trappes.

Hubert n’oubliera pas d’éviter de se faire abuser par des commerçants peu scrupuleux, par une police aux ordres des castes et n’omettra pas de rester en prudence permanente, car si le Diable se niche dans les détails, il se faufile aisément dans toute son aventure, que d’aucuns voudraient lui voir abandonner ou contrarier fortement…

Un livre irrationnel et subtil, pour une année que je vous souhaite subtile, puisqu’elle sera de facto irrationnelle, et cela a déjà bien commencé, avec une vaccination de 400 personnes en France contre 300 000 en Allemagne, pour la même période… Comprenne qui pourra…

Amitiés vives pour 2021, comme on dit joliment au Québec !

Éric

Blog Débredinages

Gâchis à Karachi

OSS 117

Jean Bruce

Éditions Archipoche  

L’homme à l’oreille cassée d’Edmond About

Amie Lectrice et Ami Lecteur, ce livre, qui date de 1862, et qui n’est pas forcément « dénichable », en dehors des rayons des bouquinistes scrupuleux et investis, que j’ai plaisir de saluer régulièrement, vous saisira fortement, par sa narration enlevée et débordante, son style maniéré, certes, mais renfermant de belles doses d’ironie et d’humour, par sa contemplation, parfois béate, des progrès de la science, auxquels il rattache l’assurance d’un monde plus positif, plus conquérant, oublieux des sacralisations que l’auteur juge passéistes.

L’on sait que l’écrivain, journaliste et polémiste, professait un anticléricalisme assumé, qu’il fut membre de loges maçonniques où il aimait dispenser les principes de la science éclairée face aux obscurantismes repérés chez les hommes de Dieu…

Edmond About avait lu et noté que les zygotes-rotifères ont la particularité de pouvoir survivre, même si leur milieu de vie s’assèche. Lorsque les conditions redeviennent plus favorables, ils sortent de leur léthargie et deviennent de nouvelles femelles qui se reproduisent par parthénogenèse.

Il avait aussi repéré, comme un scientifique qu’il n’était pas, mais qui aimait analyser les dernières découvertes et s’en faire le vulgarisateur, que les tardigrades sont des animaux extrémophiles, c’est-à-dire qu’ils peuvent survivre dans des environnements extrêmement hostiles (températures de −272 à +150 °C et pressions jusqu’à 6 000 bars).

Il avait lu que ces « oursons d’eau », privés d’eau justement et de nourriture, se replient en cryptobiose, ce qui signifie que les processus métaboliques observables ne représentent plus que 0,01 % de la normale (ils semblent donc en état de « mort clinique ») ; ils peuvent demeurer plusieurs années dans cet état, mais « ressuscitent » (le métabolisme repart) dès que les conditions le permettent.

L’homme à l’oreille cassée se place dans ce sillage d’analyses frappantes et imagine que la résurrection, si l’on peut dire, pourrait s’affecter chez l’humain, mais de manière scientifique et doctrinale, et plus en référence à ce qui s’est déclamé 2000 ans plus tôt, en Palestine…

Et le livre ne fait aucune communication anticipée au célèbre album éponyme de Tintin que je relis régulièrement et chéris.

Léon Renault, fils de scientifique, est allé faire fortune et conquérir son avenir, durant trois ans, dans les extractions minières de l’est européen.

Il y a travaillé sans relâche, pour avoir un gain suffisant et pouvoir ainsi demander officiellement la main de celle qu’il aime, Clémentine, mais dont les conditions de rente obligent à ce qu’il lui assure un niveau d’aisance, par ses biens personnels acquis, suffisant, pour pouvoir être comparé au train de vie de sa promise.

Il revient chez lui, chez les siens, à Fontainebleau, avec, dans ses malles, un cadeau pour son père en provenance des biens dispersés du grand savant Humboldt, récemment disparu sur Berlin, et admiré par le père Renault et avec une sorte de momie, qu’il a achetée chez un marchand, qu’il a lui-même récupérée d’une vente organisée par le neveu d’un savant nommé Meiser qui s’était pris de sympathie pour un grognard Napoléonien de retour de la campagne de Russie, arrêté comme espion en Prusse et condamné à être exécuté, dont il fut le traducteur lors de son procès, qui a « gelé » dans sa cellule, et qui considéré comme « mort » par ses geôliers, avait été « acheté » par le scientifique pour des expériences de dissection de cadavre… Excusez du peu en cette narration d’aventure…

Mais le savant Meiser voulait dessécher et non pas disséquer Fougas, le fameux Grognard, pour lui enlever méthodiquement l’eau contenue en son corps, pour le placer en léthargie et pouvoir ainsi le « réveiller »,  le « ramener à la vie » quand les conditions internationales le permettraient, lui permettant d’échapper à la mort…

Lorsque Léon présente sa momie à son retour, il provoque les incrédulités, mais aussi des intérêts passionnels, mais rapidement l’idée d’acheter une sépulture pour l’ancien soldat semble la raison la plus assurée.

Mais en conversant et en écrivant avec des savants allemands et académiques de France, il est analysé la possibilité de « tenter une expérience » de remise en vie.

Au départ, assez émotive et inquiète de cette momie qui pourrait manifester des troubles en la maisonnée, Clémentine en devient la protectrice majeure, elle souhaite ardemment que l’on puisse redonner vie et sens à cet homme, dont la beauté conservée, et la jeunesse de 24 ans, l’ont profondément touchée et peut-être même secrètement attirée. Elle ne se mariera pas, elle n’en démord pas, tant que tout n’aurait pas été fait pour remettre à la vie ce beau jeune homme endormi…

L’expérience s’organise, avec un soin continuel pendant trois jours, pour que la réinjection de l’eau dans les tissus, organes et muscles s’opère sans dommage, progressivement, pour que la température du corps retrouve ses cohérences, pour vérifier s’il est possible que l’état de l’homme ne soit que léthargique et en hibernation et pas en mort reconnue.

L’expérience s’avère concluante et ses péripéties retentissent fortement à l’extérieur du logis Renault.

Mais à l’instar d’Hibernatus dans le célèbre film avec un De Funès et un Michaël Lonsdale, en grandes verves et formes, il n’est pas simple pour Fougas :

  • D’avoir vécu une sorte de nuitée de 46 ans…
  • De retrouver une vie, avec un Empereur adulé, décédé depuis près de 30 ans, et des envies de conquête, de gloire et de combats révolus…
  • De solliciter de reprendre les armes auprès d’un nouvel Empereur (Napoléon III) alors qu’il est un jeune homme de 70 ans civilement, même s’il n’en apparaît que 24 en sa constitution physique…
  • De vouloir considérer Clémentine, comme sa mie et son amour, rappelant celui de sa jeunesse, alors qu’elle est promise à celui qui lui a, sommes toutes, sauvé la vie, ce cher Léon…
  • De tenter de repartir sur les traces de sa vie passée, sur Paris, comme en Prusse, en ne sachant pas comment il sera repéré, reconnu et considéré.
  • Et surtout il lui est difficile de prendre une posture équilibrée, apaisée et nuancée, alors qu’il ne fut qu’homme d’action, feu follet, sans retenue et souvent querelleur et impulsif, en sa vie passée…

Ce livre se lit comme les romans d’aventure Verniens de nos adolescences, mais qui n’a jamais fini de se prolonger, pour moi, et que je retrouve toujours avec autant de bonheur, quand il s’agit de partir en exploration, en découvertes et en surréel, car, bien évidemment ce roman part un peu dans tous les sens et les exagérations, mais l’on se dit cependant que ces choses pourraient bien se produire, et, en tous cas, elles constituent un plaisir de lecture porteur et marquant.

Éric

Blog Débredinages

L’homme à l’oreille cassée

Edmond About

Éditions de l’érable – François Beauval

Déniché pour 1€ à la « bouquinerie de la gare » à Saint-Raphaël ; bonne future pioche pour vous, Amie Lectrice et Ami Lecteur, pour suivre mes pas…

Tombe d’Edmond About au Père Lachaise, sculpture de Gustave Crauk, mairie de Paris en copyright

La Loire, Agnès et les garçons de Maurice Genevoix

Couverture du livre édité par le Cercle des Bibliophiles

Maurice Genevoix (1890 – 1980), romancier Français, Prix Goncourt en 1925, ici en 1979, photo Télérama copyright

Maurice Genevoix sera « panthéonisé » le 11 novembre prochain et ce n’est que justice.

Il a fait partie des promotions de l’École normale supérieure lourdement touchées par la Première guerre mondiale.

Mobilisé comme sous-lieutenant au 106ème régiment d’infanterie, début août 1914, dès le déclenchement de la guerre, il est très grièvement blessé, le 25 avril 1915, et réformé, après avoir perdu l’usage de son bras gauche.

Ses récits de guerre, avec son observation minutieuse du quotidien des soldats, qu’il mêle avec les cheminements intérieurs des hommes au front, ont toujours été placés en mémorial, pour que ses camarades tombés ne sombrent pas dans l’oubli.

Il faut relire « Ceux de 14 » car, comme il le déclamait si fortement : « nous autres, avant d’avoir 30 ans, nous avons eu froid et nous ne nous retournions que pour apercevoir des fantômes », alors que les autres générations retrouvaient, en se retournant, des vivants toujours reconnus, même après leurs décès…

Sa fille Sylvie, parti trop tôt des suites d’une longue maladie, a beaucoup œuvré pour la transmission de l’œuvre de son père, appuyé par son compagnon, le regretté et remarquable économiste Bernard Maris, l’oncle Bernard de Charlie Hebdo, assassiné lors de l’attentat terroriste du 7 janvier 2015.

Né à Decize, dans la Nièvre, à quelques encablures de mon Allier natal, Maurice Genevoix avait trouvé refuge dans le Loiret, à Saint-Denis-de-L’Hôtel, au hameau des Vernelles, où il avait acheté une maison, grâce au Prix Goncourt, reçu en 1925 pour son roman « Raboliot ». C’est en cette maison des bords de Loire que Genevoix a rédigé l’essentiel de ses romans, et c’est aussi là que sa fille Sylvie naquit en 1944.

Aujourd’hui, après Sylvie, puis Bernard, c’est le petit-fils de Maurice Genevoix, Julien, qui a pris la relève à la tête de l’association « Je me souviens de Ceux de 14 », dont le siège est toujours sis aux Vernelles, et qui a permis cette panthéonisation très prochaine, en mémoire de tous les Poilus.

Prenant récemment quelques jours de congés en mon antre de Fréjus, avant le reconfinement, je suis allé flâner chez un bouquiniste de Saint-Raphaël, et j’ai déniché un livre, en la belle et rare collection du cercle des bibliophiles, de Maurice Genevoix, que je ne connaissais pas, et que je viens de lire, qui m’a charmé, par son côté suranné, par la force de son écriture empruntant toujours un style puissant et recherché, par sa poésie qui touche au sublime lors de la description des bords de Loire, personnage majeur du roman.

Je vais tenter de vous le narrer.

Daniel Bailleul et Paul Jeanneret terminent leurs études secondaires et vont partir en vacances.

Nous savons qu’ils sont lycéens, en tout début de XXème siècle, condisciples donc des vécus de l’auteur.

Les vacances se déroulent, en cette période de la IIIème République, des Moissons aux Vendanges, donc de fin juillet à fin septembre, pour que les jeunes puissent donner de leurs forces aux travaux des champs, et c’est en ce sens qu’avaient été inscrits les congés estivaux scolaires.

L’un sait écrire et manier la plume avec verve, Bailleul, et l’autre, Jeanneret, préfère l’analyse concrète et l’expérimentation ; l’un deviendra professeur et écrivain, comme Genevoix, et l’autre médecin.

Mais le roman est centré sur cet été de leur fin d’année de lycée, au moment où ils écrivent, à deux mains, un roman d’amour qui prend place dans le Tyrol, où l’on ressent un romantisme enfiévré mais aussi un peu emprunté et maniéré.

L’un et l’autre apprécient fortement les promenades et balades en bord de Loire, les saveurs des fleurs et plantes rencontrées et les oscillations de l’eau, en ses multiples soubresauts, quand le fleuve croise, en ses méandres, de multiples obstacles plus ou moins impétueux…

Ils rencontrent Agnès, lors d’une fête foraine, où elle attire le chaland en son stand de tir à la carabine.

Ils ont le même âge et se donnent envie, croisée, de gambader dans les environs.

Agnès leur donne la main et leurs promenades à trois les enchantent, surtout quand elles se terminent par un baiser d’Agnès aux deux amis.

Mais Agnès doit partir, car les forains sont nomades, et ils se donnent rendez-vous pour une prochaine fête dans quelques semaines, non loin de la ville étape, lieu de résidence de Daniel et Paul.

Paul est à la fois intrépide et sportif, avec de la famille répandue un peu partout et possède des moyens financiers visiblement aisés ; il dispose aussi d’une liberté que le paternel de Daniel lui interdit.

Il décide de partir sur les traces d’Agnès, en vélo, et il part la rejoindre, pour deux, pour lui et son ami, car leur relation indéfectible n’imagine nullement une concurrence amoureuse, même s’ils sont épris, tous deux…

Quand Paul retrouve Agnès, qui chavire sur ses genoux un soir de pêche aux écrevisses proposé par le frère d’Agnès, il se sent débordé, et quand il retrouve Daniel, il finit par lui déclarer qu’il s’est uni à Agnès (ce qui est mensonger) et qu’il se sent en détresse d’avoir trahi le serment donné…

Il préfère mentir que de laisser imaginer à Daniel qu’Agnès pourrait être partagée…

Quand Agnès retrouvera les deux jeunes gens, Daniel se placera en retrait, fera même le fanfaron dans la Loire alors qu’il ne sait pas nager, il entamera même des acrobaties de gymnaste sur un pont pour montrer sa valeur, entraînant une paire de gifles méritée d’Agnès.

Elle giflera aussi Paul et elle considère, avec raison, que les deux garçons se sont comportés comme de jeunes hommes à la fois stupides, fats et présomptueux.

Daniel voudra se racheter et parviendra à conquérir Agnès, bercée par ses mots « invitants » de jeune homme qui a des lettres et sait faire sa cour.., comme on dit joliment au Québec, mais le frère d’Agnès lui révèlera qu’elle est promise à un autre, car en ce début de XXème siècle, les amours n’étaient pas toujours décidées par les tourtereaux, de leur volonté unique et propre…

Que deviendront Daniel et Paul, est-ce que leur amitié indéfectible jusqu’alors survivra à ces évènements d’été ?

L’auteur fait le parallèle entre sa vie de survivant et celle de ses amis, tombés au combat.

Paul mourra alors qu’il transporte un corps meurtri, avec des brancardiers, en la Grande Guerre qui s’annonce, en tant que médecin du front, mort pour rien car la sentinelle ne voit pas qu’il est citoyen Français quand il ramène le blessé ; de nombreux morts touchés par les balles alliées deviendront des héros de malchance en ces années de Grande Guerre et l’auteur le sait bien et le rappelle, alors que l’Armée n’aimait pas ce souvenir pénible…

Daniel prend les traces de Maurice Genevoix – qui avait été profondément marqué par la mort de Robert Porchon, son ami lieutenant tombé aux Éparges, là où l’auteur fut très grièvement blessé – qui, dans les années soixante, se remémore, en permanence, la force de l’amitié vécue.

Ce livre est admirable, car il est écrit en suavité, en intelligence pétrie du sens des âmes humaines, en toutes leurs acceptions, et il forge de la Loire un caractère de merveilleux, de surréel, de douceur et de force, de mystère et de contemplation réelle, de délicatesse élégante et de songe qui pourrait déboucher sur une cataracte effroyable.

Je vous le recommande instamment, si vous le dénichez…

Éric

Blog Débredinages

La Loire, Agnès et les garçons

Maurice Genevoix, de l’Académie Française

Cercle du Bibliophile

Acheté pour la modique somme de 1 euro au bouquiniste, proche de la gare de Saint-Raphaël, que je salue !

Wuthering Ent d’Isabelle Mutin

Amie Lectrice et Ami Lecteur, il me faut d’abord commencer par « mon » sentiment d’intrigue, quand j’ai débuté ma lecture de ce livre d’Isabelle Mutin, qui fut « mon » auteure de découverte, en 2020, devenue depuis une de mes auteures de référence et de prédilection, sans allégeance superflue ou flagorneuse, mais en toute sincérité.

J’avais en tête « Les Hauts de Hurlevent » d’Émily Brontë, car la version en langue britannique de cet opus se nomme « Wuthering heights », et j’avais aussi en mémoire le nom d’une plante éponyme dont les feuilles se replient au moindre effleurement.

Mais je pense qu’il n’est pas essentiel de chercher à percer la part de mystère qui s’attache au titre du roman, car il est préférable de s’y laisser pénétrer et conduire, avec ses ressorts oniriques, poétiques, surréels.

J’ai lu le livre, avec avidité, par deux fois successives, mais je le relirai encore, et je suis persuadé lui trouver des charmes, des saveurs et senteurs qui m’auraient échappé la première fois, car ce livre est pétri d’élégances, de suavités et d’originalités.

Tenter une chronique se repère comme une gageure, et j’ai l’impression, en m’y attelant, de tenter un exercice aussi inutile qu’inconsidéré, tellement je vous invite d’abord à le lire par vous-même et à vous en émouvoir !

Je ne vais qu’effleurer, à touches pointillistes, la force de ce roman novateur et construit avec talent et habileté, qui touche et attire.

Camille grimpe une colline, seule, et y rencontre un grand homme, qui dort, avec un corbeau noir sur l’épaule.

La petite fille semble plus intriguée qu’apeurée, et quand l’homme lui propose qu’elle devienne son amie, en jouant à se déguiser en fonction de leurs rêves et inspirations, sans autre recours que la pensée et la force de l’esprit, tout part en enchantement.

Lors d’un vernissage, un tableau attire et semble inviter à replonger en la relation intimiste, et que l’on ne peut pas vraiment rationaliser, de Camille et de l’homme.

Quand Camille reprend l’ascension de la colline, mais qu’elle ne repère plus son ami, elle souffre de cette absence et se sent fortement endolorie.

Dans un café, que j’apprécierai découvrir, de Dijon, une jeune demoiselle souhaite boire une « amentia » (liqueur odorante selon le descriptif de l’auteure), et elle la partage avec un homme aux allures chevaleresques et surannées, qui la rapproche aussi de songes passés (mais sont-ce vraiment des songes…) en ses ascensions de colline, ou en observation passée d’un tableau ; quand la demoiselle chavirera et tombera en pamoison, la différence entre le réel potentiellement vécu et l’appel aux rêves enfouis sera bien ténue…

La partie du roman appelée « La rose noire » m’a enchanté car elle m’a rappelé de manière insistante ma lecture d’adolescent marquante avec « L’écume des jours » de Boris Vian, où son héroïne, Chloé, dépérit si l’on ne lui affecte pas des fleurs qui lui sont nécessaires pour conserver ses instincts de vie.

Ici Camille sait que les choses en seront finies pour elle, le jour où la rose noire qui s’est infiltrée en son être ne fleurira plus.

Mais même si ses temps sont comptés, la force émotive et la poésie ciselée et délicate restent présentes pour apaiser les cœurs et donner relief à tous les instants que l’on doit déployer en profits.

Et l’on poursuit la lecture, bercé par Camille qui « accroche des confidences à un garçon comme on accrocherait des étoiles », par la compréhension de la véritable signification de la chouette de la cathédrale de Dijon, et par la mise en abyme de ce que l’on a de plus cher en pensées et souvenirs pour clôturer son passage, ici-bas, avec un vrai sentiment de plénitude.

Ce livre peut se lire au travers de plusieurs miroirs et s’interprète aussi avec de nombreuses intensités ; pour ce qui me concerne, il m’invite à continuer à rêver, à parler – comme je le fais – à haute voix, à mes chers disparus, par la force des esprits, et à conquérir des territoires différents, que je ne pourrais peut-être jamais approcher en mon réel parfois atrophié, mais que je pourrais toucher, en promenades, par la magie éphémère, mais si puissante, des mots et des images de ce livre et d’Isabelle.

Chère Isabelle, relisez « Songe pour une nuit d’été » du Grand William, vous vous approchez de son univers et je suis certain qu’il vous promènerait avec plaisir en son théâtre du Globe…

Éric

Blog Débredinages

Wuthering Ent

Isabelle Mutin

Les édictions Mutine

12€

L’étoile dans la poussière de Sylvain Dubois

Amie lectrice et Ami lecteur, j’ai déjà eu l’occasion de vous déclamer tout le bien que j’attache aux Éditions Mutine, sises à Cessey-sur-Tille, en Côte d’or, en Bourgogne.

J’avais lu, avec avidité et passion, Equipe de nuit, de mon amie auteure sociétale émérite, Anne-Catherine Blanc, et j’ai eu le vif plaisir de découvrir la plume inspirée, incisive, percutante, d’Isabelle Mutin, avec trois lectures successives,  qui m’ont amené aux nécessaires réflexions introspectives pour réfuter les petites lâchetés qui nous environnent, assumer nos différences, reconnaître nos fêlures et suivre le cap de nos engagements porteurs.

Très récemment, dans le cadre d’un salon d’éditeurs sur Dijon, j’ai eu le bonheur de rencontrer et de saluer Isabelle.

J’en ai aussi profité pour effectuer mon petit marché littéraire, en promenade de stands.

J’ai pu ainsi faire la connaissance de Sylvain Dubois, publié lui-aussi par les éditions Mutine, pour son premier roman.

Et j’ai lu le travail de Sylvain, en quelques heures qui me furent prenantes et enlevées, et je le remercie.

Doc Swindler ou Jack fut médecin.

Il arpentait Milwaukee pour diagnostiquer ses patients et leur procurer des soins avec attention.

Mais un jour il a tout largué.

Il a décidé de vivre une vie différente,  en suivant les camps des chercheurs d’or, des orpailleurs, en Californie, en leur vendant des fioles destinées à atténuer tous leurs maux physiques, qu’ils soient gastriques, capillaires, musculaires…

Il sait bien que ces fioles de couleur ne forment qu’une supercherie, mais il aime bonimenter, malgré quelques rebuffades, parfois, d’anciens clients, qui n’hésitent pas à l’affronter en combat direct.

L’argent qu’il gagne sert à lui donner du plaisir avec les filles de joie des institutions où il se rend en vieil habitué…

Il va et vient, de camp en camp, avec sa carriole et son vieux cheval, Cushy, fringant dans le passé et étalon reconnu, mais bien usé maintenant, qui espère qu’on le ménagera.

Jack, sur son chemin, croise un chariot à terre ; il sait qu’il a été victime d’une attaque d’Indiens, en ces territoires qui sont leurs et appropriés.

Une jeune fille, visiblement marquée par ce que sa famille a subi, qui en a réchappé par miracle, semble interdite, frappée de stupeur. Elle ne peut prononcer un mot !

Jack ne sait ce qu’il fera d’elle, mais à la fois par protection et forme d’élan solidaire, il la prend en charge ; elle partagera, dans la carriole, le chemin déterminé.

Ces réalités plantées, l’auteur réussit à mener une histoire acérée, avec des personnages aiguisés.

Il décrit des univers difficiles, rudes, rustres, sans concession et sans pitié, où pourtant résonne un possible espoir.

Vous rencontrerez Charlotte, tenancière autoritaire, sans fort scrupule, qui donne cependant un attachement à la jeune sans famille, en lui affectant Joséphine, fataliste sur son sort de prostituée, pétrie de douceurs, qui saura l’apaiser et lui ouvrir des portes insoupçonnées…

Vous croiserez à plusieurs moments, fugaces ou intenses, du roman, Lola Montez, dont la beauté et l’intrépidité, ont subjugué toutes les cours d’Europe, et notamment celle de Bavière, au XIXème siècle, qui semble veiller comme une bonne fée sur l’avenir de la jeune fille, Rebecca dite Becky, puisqu’elle peut s’exprimer (c’est ainsi que l’on finit par connaître son prénom) en notant des messages sur un petit carnet, idée de Jack, amplifiée par Lola, qui l’avertit de se méfier des hommes comme de rester indépendante.

Vous assisterez à des moments de supplice qui attiraient du Monde, qui visiblement égayaient les journées, sans vergogne, avec des immigrés Chinois que l’on pend par les cheveux, que l’on fouette pour tester leur volonté immuable de souffrir en silence, car » on ne méprise pas son bourreau, on l’ignore », comme l’a si bien dit Primo Levi.

Vous intégrerez aussi que les voleurs pris sur le vif n’attendent pas que l’on les transporte en justice : la loi du talion, avec les châtiments corporels, fait office de punition reconnue.  Et quand un Mexicain, qui revient sur ses terres pour venger les siens, finira par être arrêté, il sait que sa fin de vie sera un concentré d’atrocités.

Vous saluerez des chercheurs d’or qui serpentent la rivière, sans relâche, pour des résultats bien médiocres, mais qui ne peuvent revenir sur leurs engagements, car « l’honneur prime sur la reconnaissance des erreurs », comme disait Mark Twain, réalité souvent reconnue toujours et partout.

Vous découvrirez aussi que des exilés Français de l’Empire de Napoléon III ont suivi les traces de cette ruée vers la richesse du métal jaune.

Ce livre se lit avec la narration directe oscillante de Jack, Becky, Joséphine, du cheval Cushy, qui constitue un personnage majeur du roman.

J’ai apprécié fortement cette virevolte, qui n’est marquée par aucune ponctuation, ce qui renforce la profondeur et l’avancée du récit,  ce qui structure des réflexions, des états d’âme, des variétés d’analyse, qui  donnent vigueur au roman, car il n’y a d’enrichissement que par les différences !

Suivez mes pas en cette promenade impitoyable, en l’Amérique des chercheurs d’or, où des villes se créent pour repérer les éventuels filons, où les hommes se donnent à la tâche sans répit, où ils soulagent leurs plaies dans la débauche du lucre et de l’alcool, où les tenancières savent que leur commerce de chair nécessite en permanence la soumission des employées, où les rencontres avec les Indiens ne côtoieront que violence et mort…

Par delà la cruauté vécue, il est possible de tendre vers la reconquête, par la présence de douceurs humaines chez Joséphine ou Becky, ou par la succession de paysages et environnements propices à la contemplation.

Merci Sylvain pour ce premier roman réussi, fort, marquant et réflexif, prometteur d’autres inspirations à venir !

Éric

Blog Débredinages

 

L’étoile dans la poussière

Sylvain Dubois

Les Éditions Mutine

18€

Photos de Sylvain Dubois et d’Isabelle Mutin au salon des éditeurs de Dijon, copyright personnel

Saint-Yves de Robert-Louis Stevenson

 

Ce roman fut inachevé par mon maître conteur ; il est décédé en 1894, à seulement 44 ans, aux Samoa, sans avoir pu le terminer. Il sera clôturé par Arthur Quiller-Couch, critique littéraire et écrivain lui-même, reconnu surtout pour ses grandes capacités de rameur nautique (il n’y a rien de plus sérieux que l’aviron en Grande-Bretagne, surtout pour un intellectuel) et pour ses rôles de mentor de Daphné du Maurier et d’ami, à l’identique de Stevenson, de J.M Barrie, le créateur de Peter Pan.

Stevenson voulait revenir au roman d’aventures avec ses tensions amoureuses, ses péripéties, ses situations souvent rocambolesques, son suspense, son humour, et avec ses narrations historiques jalonnées de nombreuses précisions factuelles.

Il y parvient, avec brio, et ce livre vaut autant le détour que la relecture d’œuvres affirmées comme l’Ile au Trésor ou Dr Jekyll et Mr Hyde, beaucoup plus admirés et célébrés.

On suit les réalités trépidantes, virevoltantes de Saint-Yves, prisonnier de guerre, en Ecosse, de l’armée de Napoléon, juste avant sa première abdication.

Saint-Yves se morfond dans sa cellule, mais il a droit, car il s’exprime aisément en anglais et force des allures de gentilhomme, à des promenades de quasi-liberté en chemin de ronde, à recevoir des visites de personnes, gens de piété, pétris de sollicitudes, qui viennent le saluer, comme certains autres prisonniers, pour quérir un peu de réconfort.

La rencontre, dans ce contexte des visiteuses et visiteurs de prison, avec Flora, ne le laisse nullement indifférent, il en tombe amoureux platonique, vivant ainsi plus facilement sa réclusion forcée, imaginant un espoir de se sentir aussi attiré par celle qui l’a émerveillé.

Il reçoit, comme un coup du sort à multiples détentes, la visite d’un notaire qui lui précise qu’il hérite de la fortune d’un oncle, exilé en Angleterre, plutôt royaliste légitimiste, et qui n’a pas de descendance hormis deux neveux : l’un qu’il a entretenu en permanence et qu’il juge vil et sans aménité, l’autre qu’il ne connaît pas (Saint-Yves lui-même), dont les engagements lui sont contestés, mais qui sait qu’il fut juste lorsqu’il eut à combattre ou décider des suites d’affaires publiques.

Le notaire propose à Saint-Yves de profiter d’une tentative d’évasion, qui se forge, de la prison forteresse, pour venir récupérer son dû, avant le décès de son oncle, ce que notre héros a du mal à cerner car la bâtisse semble infranchissable et qu’il ne sait pas si son départ l’empêchera de pouvoir conquérir celle qu’il aime…

Sans vous résumer les intrigues, ce qui ne serait pas élégant de ma part, mais en vous brossant des moments fugaces,  pour vous suggérer de suivre mes pas en ma lecture, vous pourrez notamment :

  • vérifier que l’amour peut être plus fort que les traditions et pesanteurs, car Flora se sent en confiance, en élans de vie pleine d’imprévus et de fantaisie, en ses discussions avec Saint-Yves ; ce dernier associera toujours poésie et sensibilité pour que sa flamme soit reconnue comme honnête et inébranlable.
  • vous promener sur les traces des chemins des bouviers, dans les campagnes Écossaises, parsemés d’embuches et d’amitiés, de respect de la nature et de refus de toute forme de privilège, engagement récurrent de Stevenson, homme de liberté et vilipendeur de toute forme d’arbitraire.
  • vous retrouver dans la chambre d’un noble et tenter de comprendre que les héritages passés identifiaient des patriarches qui avaient droit exclusif sur l’avenir de leurs propriétés et qui pouvaient aiguiser ou contrarier toutes les réputations…
  • vous faufiler pour éviter les forces de police, souvent mal informées, qui semblent persuadées que Saint-Yves a commis un meurtre en prison – alors qu’il s’est battu en duel pour l’honneur de sa promise – ou assurées qu’il a donné un coup de gourdin sur le chemin des bouviers à un agresseur de ses amis de voyage obligé par volonté de le mettre à mal, alors que la légitime défense peut se comprendre…
  • vous balader en calèche, en diligence, en montgolfière, en bateau de remorquage, en navire, et vivre intensément toutes sortes de moments ébouriffants, où le sort apparaît contraire, où les menaces s’amplifient, où la possibilité de trouver une issue demeure quasi nulle.
  • transmettre des messages réguliers sur la nécessité de travailler pour le bien public, en désintéressement, pour la justice et l’intérêt général, pour la force des convictions des libertés au détriment de toutes les turpitudes et habitudes insupportables installées.

Stevenson se veut républicain et plaide pour un état de droit, avec justice indépendante ; il fustige les dogmes assis et même « rassis » de la Grand-Bretagne Victorienne qui ne s’affiche que pour les soutiens des bien nantis.

Sa volonté qu’un grognard se fasse la belle et échappe aux armées et polices de Sa Majesté, allant même jusqu’à l’amener à composer avec les diplomates Américains, s’affiche comme une vraie parabole francophile de l’auteur, sur sa préférence pour un pays sans couronne, respectueux et enrichi des diversités de tous ses habitants, sans forme de privilège d’aucune sorte. Il idéalise la France, certes, mais il nous invite aussi à l’introspection de nos valeurs.

Ce livre constitue un vrai bijou littéraire, au charme suranné d’une narration stylisée, parfois un brin ampoulée, mais qui permet de transcrire un récit poétique et charmeur, propre à toutes les narrations des récits d’aventures ou de romans picaresques.

Stevenson suit les pas de ses illustres inspirateurs, et parfois même il dépasse et transcende son maître Dickens, et il rejoint aisément les plus belles épopées de Jules Verne.

Mettez le cap pour un récit vigoureux, au rythme enlevé, et vous ne pourrez pas sortir du roman sans connaître son épilogue, emporté que vous serez par un flot continu de fougues.

 

Eric

Blog Débredinages

 

Saint-Yves

Robert-Louis Stevenson, avec un appendice d’Arthur Quiller-Couch

Traduit de l’anglais (Ecosse) par Laurent Bury, avec une mention particulière pour son travail émérite, qui retrace fortement les langages de nombre de provinces et qui suit le phrasé incomparable poétisé du héros.

Tome III des œuvres complètes de Stevenson

Bibliothèque de la Pléiade

Veillées des îles – derniers romans

Nrf Gallimard

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