Amie Lectrice et Ami Lecteur, ce jour est un anniversaire.

Malgré les réalités rudes vécues, où je vous souhaite d’abord de vous préserver et de prendre soin de vous, je désire saluer une de mes actrices favorites, une de mes muses depuis mon début de jeunesse (je sais, cela fait loin…), que je sacralise, Elizabeth Bourgine, à laquelle je déclame aujourd’hui mes vœux de bel et joyeux anniversaire, en ce 20 mars.

Joyeux anniversaire Elizabeth !

Ma première rencontre avec Elizabeth – que je n’ai jamais eu le plaisir de « voir en vrai », mais que je vais quand même appeler par son prénom, qui s’écrit avec un « z », la vraie orthographe originelle, comme pour la Reine d’Angleterre, et en référence avec la puissance du prénom hébraïque « elisheba » qui signifie que « Dieu est mon serment » – est venue lors de mon visionnage au cinéma de « Vive la Sociale », en 1984, un film de Gérard Mordillat, cinéaste et écrivain que j’apprécie fortement, qui a su appréhender une œuvre atypique avec des personnages toujours portés par la volonté de vivre leurs passions, qui luttent face aux jugements de valeurs pour promouvoir leurs engagements et leurs créativités.

Elizabeth rayonnait dans ce film choral, avec un drame en latence, où elle dégageait une force et une empathie bienveillante, un sens délicat d’élégance permanente, qui invitait au partage, au débat, à la communion.

J’ai tout de suite considéré que le talent d’Elizabeth serait précieux et rare, et j’en faisais « serment à Dieu », même si l’agnostique que je suis n’en est pas à une contradiction près…

Elizabeth obtint de manière plus que méritée le prix Romy Schneider, accordé au meilleur espoir du cinéma français, en 1985.

Et puis elle tourna en vedette inspirée dans le merveilleux film de Pierre Granier-Deferre, « Cours privé », que je revois régulièrement (j’ai encore une cassette vidéo Secam) et qui sait toujours autant m’émouvoir.

Elizabeth y est étincelante, en associant sa capacité à résister aux méchancetés, aux calomnies éhontées, liées aux diffusions de photographies qui semblent clairement la représenter en une sexualité à multiples partenaires forcément jaugée et jugée par les « décideurs des morales », sa maîtrise à rester stoïque et pédagogue face à ses élèves pour lesquels elle recherche les meilleurs appuis et soutiens pour leurs apprentissages, et sa volonté d’assumer ses libertés et ses recherches sensorielles, donnant ainsi un message net au féminisme, en une période, en 1986, où l’on dénigrait facilement une femme repérée à la vertu contestable alors qu’un homme ne serait jamais jugé débauché…

En ce film elle est à la fois magnifique par sa prestance, par sa beauté rayonnante et flamboyante, mais surtout par sa grandeur d’âme qui élève, dynamise et porte des valeurs de demande de respect, de concorde et de tolérance, pour faire fi des pesanteurs, des représentants des bien-pensances, et pour que le corps soit toujours un élan des esprits et de conquête indépendante.

Je la reverrais avec le même cinéaste pour « Noyade interdite », toujours amplifiée par sa séduction douce, sa délicatesse absolue et son élégance indicible, positive, prenante, pétrie d’humeur et d’humour, très anglaise…

Elle tournera avec Claude Sautet qui savait reconnaître les fougues artistiques des actrices qui se plaçaient toujours entre « fugue et raison », et j’aime cette belle formule qui caractérise Elizabeth.

Puis Elisabeth s’est tournée vers le théâtre et la télévision, et à chaque fois je guette sa présence, ses apparitions, aucunement par nostalgie, car Elizabeth ne sera jamais une actrice de mes années derrière moi, car elle représente à la fois la flamme de ma jeunesse et la volonté de marquer mes actualités, toujours avec ténacité, sourire, positivité, douceur, écoute et élégance.

Car quoi de plus agréable que le charme de l’élégance, qui pour moi est quantifié, sérié, magnifié par Elizabeth.

Pêle-mêle je l’ai retrouvée dans « Maigret et le fantôme », dans le splendide « Barrage sur l’Orénoque » où je l’imaginais reprendre un rôle titre de Jules Verne avec son roman majeur et pourtant méconnu « la Superbe Orénoque », et pourquoi pas avec Elizabeth en possible aimée de Jean de Kermor, Nantais comme Verne, à la recherche de son père colonel…

Je l’ai ré-admirée dans le rôle d’Isabelle dans la série « Sauveur Giordano », où elle côtoie Pierre Arditi qui semble irrésistiblement en attirance par cette élégance toujours suave et détachée, espiègle, indépendante et toujours portée vers le support aux autres.

Et depuis 2012, elle incarne avec charme étincelant, élégance toujours renforcée avec des couleurs chatoyantes et des robes et foulards entrelacés avec tact, soin et vivacité tonique, le rôle de Catherine, la patronne d’un bar-restaurant dans « Meurtres au paradis », dans l’île de Saint-Marie.

Elle est la Maman de Sara Martins la première co-enquêtrice des premières saisons.

Elizabeth reste un personnage incontournable, qui apparaît à des moments clés, qui devient même Maire de l’île, qui réconforte, appuie, sensibilise, se structure comme la personne de confidences des cœurs en tension ou détresse. 

Et elle sait aussi déclamer des tendresses et même des petits messages judicieusement coquins, toujours avec douceur et élégance, toujours aussi avec inspiration.

Je n’ai pas eu le plaisir de la voir au théâtre, même si je sais qu’elle a jouée avec Francis Huster dans Le Cid, après ses études de théâtre sur Rennes, mais si Elizabeth remonte prochainement sur les planches, je serai son spectateur avide et assidu, pour toutes les représentations.

Elizabeth, ne voyez pas en cette modeste chronique, en ce tout aussi humble blog, autre chose que ma reconnaissance pour votre prestance toujours incarnée, qui, comme je le répète à foison depuis le début de cette ode, associe aussi mes remerciements pour votre élégance récurrente, car vous représentez la quintessence qui sait allier le raffinement, la délicatesse, la force de l’indépendance, l’écoute et la préférence à accepter l’analyse des complexités plutôt que les raccourcis ou des jugements péremptoires.

Chère Elizabeth, vous revoir avec la nouvelle saison de « Meurtres au paradis », depuis lundi passé, aide à passer nos réalités compliquées du moment, et malgré les tensions et ces situations exceptionnelles, je vous souhaite un très bel et joyeux anniversaire !

Et j’espère bien avoir le plaisir, un jour, de vous saluer, et de m’incliner pour ce que vous incarnez : l’élégance, par « serment de Dieu »…

 

Eric

Blog Débredinages