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débredinages – "s'enrichir par la différence !"

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BD

Meurtriers sans visage d’Henning Mankell

 

En cette période de nos vécus de réalités rudes, et pas seulement sanitaires, et surtout de facilités à trouver ou dénicher des boucs-émissaires, il est toujours intéressant et salvateur de revenir aux essentiels que la littérature peut nous remémorer.

J’ai donc eu le plaisir récent de pouvoir retrouver une enquête de Wallander et de l’inscrire aussi en nos actualités de débat, où la concorde ou la tolérance se placent bien en contrainte et où les facilités des raisonnements simplistes s’égaient en récurrence.

Kurt Wallander, en ce début d’année, avec un hiver prenant, froid et humide de Scanie Suédoise, est chargé d’enquêter sur l’assassinat sauvage de deux retraités paysans, un homme et une femme, la femme transportée à l’hôpital n’a pu transmettre qu’un seul mot avant de s’éteindre, celui « d’étranger ».

Quand ce dernier mot est relaté par la presse, l’inspecteur reçoit des messages anonymes lui précisant que si la mort des deux infortunés n’est pas « vengée » par une arrestation rapide, une justice « citoyenne expéditive » s’organisera.

Wallander entend bien par là que des personnes n’hésiteraient pas à s’en prendre à des immigrés censés être responsables du double meurtre…

Et quand un Somalien, issu d’un camp de réfugiés, est tué à bout portant, il repère vite que le passage à l’acte sordide peut bien être concrétisé…

Sa conviction est renforcée lorsqu’il assiste, alors qu’il « planque », dès l’aube, à un incendie d’un camp de migrants, et qu’il donne de son épaisseur pour prévenir les secours à temps et éviter un drame encore plus étendu…

Sans procéder à une comparaison hâtive avec nos situations contemporaines immédiates, on se dit que ce livre, écrit au début des années 90, reste avec une tonalité très présente : la peur de l’autre et la détestation de l’immigrant qui viendrait s’installer en un pays qui ne penserait plus assez à ses compatriotes et nationaux, la volonté d’en découdre pour inquiéter et violenter les étrangers pour tenter de « magnifier » des stéréotypes bien vils de celui qui est issu « du sol natal », et la propension des différents acteurs à nier leurs responsabilités ou à se rejeter les contraintes.

Wallander n’est pas et se sera jamais attiré par les thèses nationalistes et racistes. Mais il se sent nullement coupable de pouvoir discuter sur la nécessité de réguler les flux migratoires, pour permettre aux arrivés de mieux s’insérer et de « préparer » les populations aux croisements avec leurs richesses, plutôt que d’alimenter leurs élans d’égoïsme ou d’oubli solidaire.

C’est ainsi qu’il se prend carrément la tête avec les responsables des camps de réfugiés, en incapacité de savoir qui est hébergé en leurs centres et qui demandent seulement de la sécurité policière, sans accepter des messages de meilleure organisation, en leur sein, des agents civils.

Il doit aussi faire front, face à la presse, pour garantir que les migrants seront protégés mais qu’il est important également que le débat sur les accueils de réfugiés puisse se tenir de manière apaisée, sans passion, pour la concorde de la solidarité Suédoise comme de sa générosité sociale, fer de lance de ses idéaux depuis des lustres.

Wallander se place toujours en chercheur inlassable de la vérité et il enquêtera, quels qu’en soient les prix jusqu’au bout pour la conquérir, avec les appuis de son équipe, et notamment de son fidèle Rydberg, dont la santé chancelle, mais qui connaît les talents de Kurt comme ses élans porteurs, qui sait aussi que quand il a des doutes et des débats intérieurs, il peut les transmettre à Wallander qui les appréciera.

Le livre développe des chausse-trappes incessantes qui semblent conduire à la solution attendue mais qui se referment régulièrement, surtout quand on recherche le fils non reconnu et caché du paysan assassiné, dont sa femme et ses filles ne connaissait pas la double vie, ni les richesses financières provenant de collaborations avec l’Allemagne Nazie, dans un commerce avec son Père, de moralité plus que douteuse…

Wallander est aussi un homme, avec ses limites et ses fêlures et son attention à son Père, peintre  – qui réalise le même tableau depuis des années, qui vit comme un rustre certain de sa vérité, et qui semble perdre les raisons – se repère touchante et difficile car il n’a pas assez de temps pour s’occuper de lui, sans pour cela ne pas lui vouloir le meilleur des appuis.

L’on imagine très vite que son investissement professionnel l’a déjà dévoré et qu’il a entraîné le départ de son épouse, l’éloignement de sa sœur et la mise à distance de sa fille…

Wallander imagine des tas de choses coquines et décalées qu’il pourrait entreprendre avec la nouvelle Procureure Anette Brolin, tout en sachant que s’il dépasse les bornes en retrouvant le goût immodéré pour l’alcool qui le rend à la fois intrépide et triste, il risque des désastres, alors qu’il se présente plutôt comme désarmant de fatuité touchante romantique…

Wallander suivra deux pistes, celle qui le conduira à retrouver les assassins froids et sans complexe du Pauvre Somalien abattu froidement et des volontaires d’incident criminel de camps de réfugiés, et celle qui, complexe et à rebours, tendue et irrésolue, difficile et fragmentée, l’amènera à dénicher les responsables de la mort des deux paysans.

Ainsi il pourra comprendre pourquoi la paysanne s’est exprimée avec ce dernier mot « étranger » et pourquoi le nœud marin autour du coup du paysan, tellement inhabituel et surprenant, qui a tant intrigué Rydberg, qui en faisait un axe essentiel de l’énigme, plutôt solitairement, revêt autant d’importance, car, nous le savons bien, le Diable se niche dans les détails…

 

Eric

Blog Débredinages

 

Meurtres sans visage

Henning Mankell

Policier Points Seuil

Novellas, Tome I, de Didier Daeninckx

 

Amie Lectrice et Ami Lecteur, je lis « Daeninckx » depuis 1984, et la sortie de Meurtres pour mémoire, dans la Série Noire, qui racontait en roman noir, ce qui s’était passé en cette sinistre journée du 17 octobre 1961, où le préfet de police de Paris de l’époque, le bien référencé Maurice Papon, avait fait tirer contre des manifestants indépendantistes Algériens, travailleurs économiques, souvent résidents de bidonvilles de banlieue, en notre pays.

J’avais aimé sa tonalité, le fait d’utiliser le « policier » pour évoquer des réalités sociales et sociétales enfouies, sa volonté de toujours intégrer les caractéristiques d’un roman noir qualitatif avec la place pour la réflexion sur nos univers vécus, sur nos lourds silences collectifs.

Je l’ai lu en permanence, guettant chacune des sorties et je n’ai jamais été en déception ; j’ai plutôt un brin de jalousie car Daeninckx écrit en style et atmosphères ce que j’aimerais pouvoir décrire et susciter ; je vais peut-être me lancer un de ces jours, sans rechercher l’imitation, car je n’arriverai jamais à ses chevilles, mais en ayant ses forces narratives en tête et en miroir.

Et Didier est un homme délicieux ; et quand j’ai pu l’approcher lors d’un « Quais du Polar » sur Lyon, j’ai pu trouver celui que j’imaginais : quelqu’un de simple, à l’écoute, bienveillant, en envie de plaisir partagé de lectures et de discussions.

J’ai relu ce premier recueil de longues nouvelles, paru au Cherche Midi, il y a cinq ans, en cette période particulière qui va forcément donner du relief pour de nouvelles donnes chez mon auteur de prédilection, et comme à chaque fois, j’ai refermé l’opus avec le plaisir de lectures saisissantes et l’assurance d’avoir, en murmures, tellement de non-dits et de désespoirs, qu’il me devient toujours nécessaire de continuer à m’engager pour une meilleure concorde, de plus efficients partages ou pour une conquête de fraternité ou de sororité solidaire.

Je ne vais pas tenter de dévoiler toutes les onze nouvelles de ce livre, mais je me permets de vous suggérer des aperçus pour vous donner envie d’aller plus loin, à satiété, en vos reculs obligés, qui vous inviteront à tendre la main et à ne jamais vous replier.

Mortel Smartphone place en filigranes les détresses des enfants soldats enrôlés, dans l’Afrique des minerais, où la guerre civile se conjugue avec la plus extrême sauvagerie, pour essayer de dominer des sites d’exploitation et récupérer les finances qui vont avec, où un jeune homme trouve un pseudo-refuge, au péril de sa vie, dans la soute de marchandises d’un avion, pour atterrir à Bruxelles, où les habitués des téléphones portables ne savent nullement d’où proviennent les terres rares indispensables à leurs nouvelles oreillettes…

La Particule évoque le cas d’une personne mal aimée qui pense avoir retrouvé sa vraie famille, ce qui lui permettra de mieux vivre pour sa femme et ses enfants, pour lesquels il ne peut rien offrir, sauf des expédients très ponctuels, mais entre l’assurance de ne pas douter et la potentialité mythomaniaque, les déchirures opèrent…

Je tu il est excellent, il prend place sur le Caillou néo-calédonien où arrive un homme, auréolé d’une gloire littéraire qu’il veut abandonner, et qui de subterfuges en lâchetés sera responsable de la condamnation à mort d’un Kanak, car en cette période du début des années cinquante, il n’est pas possible qu’un blanc puisse avoir raison face à celui que l’on considère comme un sous-homme…

La mort en dédicace pourrait prendre appui sur l’histoire cruelle et sanglante de Florence Rey, qui voulait vérifier que celui qu’elle aimait pouvait tirer sur un flic et se lancer en une course poursuite ; ici un jeune homme s’évade après dix ans de prison pour un braquage qui a mal tourné, sous fond de propagande révolutionnaire, et il veut retrouver celle qu’il aime, mais il comprendra vite qu’il a été manipulé et que son avenir vise seulement un retour entre les barreaux…

A louer sans commission est aussi une nouvelle remarquable, car elle évoque pèle mêle les abus des entreprises immobilières, pour réfuter la loi de 1948, qui faisait obligation de modération de loyers sociaux, et qui dès qu’un locataire s’en va, rénovent à tous crins pour susciter une nouvelle clientèle et le départ de l’ancienne. La nouvelle montre l’attachement d’un jeune couple à une personne âgée, qui s’invente sa vie ou la réinvente, en la martelant de faits divers lus dans les journaux ou se remémorant des romans noirs cultes…

La repentie vogue de Bretagne en pays Gardois où une jeune femme qui semble avoir eu des liens avec les organisations terroristes du début des années 80, en des cercles d’extrême gauche, vient de purger une peine, se sent guettée et espionnée, même si elle a accepté son statut de repentie. Entre sa volonté de changer d’identité avec l’aide de la police, de trouver un emploi de serveuse, de repérer une forme d’amour entre les bras d’un plongeur professionnel dont le métier fut souvent pétri de risques ineffables, le moyen de sortir de l’eau sera ténu et douloureux…

Dans Légende du rail, Didier Daeninckx rappelle le passé de son père, cheminot, comme de son attachement au service public ferroviaire, ce qu’il a démontré avec fougue lors des manifestations de 2018 notamment, et il égrène la possibilité de remettre en service des réseaux oubliés, qui assureraient un désenclavement de territoires isolés et des liens économiques de proximité, ce que l’on rappelle en récurrence en nos temps compliqués actuels…

Le crime de Sainte-Adresse m’a ramené en les terres Haut-Normandes, où j’ai vécu et travaillé, pendant deux ans à la fin des années 90, et notamment sur le fait que cette ville accolée au Havre avait été le siège du gouvernement Belge en exil pendant la première guerre mondiale. On retrouve toutes les saveurs des docks portuaires du Havre, en cette belle nouvelle, bien ficelée, où un couple de jeunes tente de démontrer le racisme ordinaire de certains responsables gradés policiers de Belgique.

Dans Bagnoles, tires et caisses, notre auteur parle des voitures qu’il a la nostalgie d’avoir usées et usitées, dans des virées improbables et magnifiées.

Et dans L’Affranchie du périphérique, l’auteur emploie le recours à une jeune femme, située entre le reportage, le journalisme et le « free lance », qui cherche à découvrir à qui appartient une maison mauresque de banlieue, qui reconstitue toute son histoire et y fait revivre les tensions et espoirs de plus de quarante ans de croisements sociaux et de rencontres ouvrières et culturelles.

Lisez avidement ce recueil, et puisez la sève de cet auteur percutant qui sait raconter des histoires, au milieu de la Grande Histoire, et qui sait réveiller nos ardeurs pour une nouvelle émancipation !

 

Eric

Blog Débredinages

 

Novellas

Tome 1

Didier Daeninckx

Le Cherche Midi Editions

18,90€

Miroirs de nos peines de Pierre Lemaitre

 

Quand sort un nouveau livre de Pierre Lemaitre, que j’avais déjà lu et repéré, bien avant son succès mérité pour son Goncourt pour Au revoir là-haut, en 2013, je me précipite en ma librairie préférée, à Lyon, où je vis et travaille, La librairie du tramway, près de la Bourse du Travail, ou sur celle de mon lieu de villégiature habituel, à la Librairie Parisienne, sur Saint-Raphaël, endroit indescriptible où l’on peut tout trouver, car les stocks sont considérables, mais où il faut se faufiler dans des dédales et montagnes de cartons avec circonspection, et où « une chatte ne retrouverait pas ses petits », comme disait joliment ma grand-mère Marcelle…

Son dernier opus clôt le triptyque lancé avec Au revoir là-haut, aux protagonistes indépassables, qui ont vécu l’enfer des tranchées et ne peuvent accepter que les gradés planqués puissent s’enrichir ou se servir de la mémoire des martyrs, et qui décident d’organiser une arnaque aux monuments aux morts, symbole nécessaire pour rendre hommage aux poilus, mais lieu insupportable quand il se veut glorification de héros et non espace de paix pour saluer les « morts pour rien », selon la belle formule, que je réutilise souvent, de Cavanna.

J’avais admiré Au revoir là-haut et beaucoup aimé Couleurs de l’incendie qui reprenait traces des personnages premiers, en leur donnant vie sous une période de l’entre deux guerres, où tous les coups étaient permis, et où l’héroïne se battra jusqu’au bout pour se venger des traîtrises et méchancetés, avec satiété, sans sourciller, avec la volonté d’anéantir ceux qui avaient imaginé la détruire, l’ignorer ou l’abuser.

J’ai apprécié Miroir de nos peines, même si je n’ai pas trouvé la même force, le même engagement viscéral à faire projeter des caractères qui vont au bout de leurs parcours, même les plus vils et les plus inconséquents, que dans les deux premiers livres de cette saga.

Je vais donc, très humblement, tenter de vous préciser, Amie Lectrice et Ami Lecteur, pourquoi il vous faut lire ce livre, et pourquoi, tout en restant un laudateur récurrent de l’auteur, je le trouve moins en fougue inspirante.

Louise a trente ans, en ce printemps 1940, de ce que l’on appellera plus tard, stupidement, La drôle de guerre, alors que nous étions bien en guerre, et que la guerre ne sera jamais drôle…

Mon grand-père Laurent était mobilisé, et il m’a raconté ses jours de bataille, avant d’être fait prisonnier à Thann, dans le Haut-Rhin et de partir cinq années en stalag en Allemagne du Nord. Il n’avait vraiment pas envie de rire…

Louise est observée par un client du café où elle fait le service, tout en poursuivant son métier d’institutrice, et ce client-médecin la regarde, la dévisage, la contemple…

Il lui demande de poser nue devant lui et il lui propose de l’argent pour cela.

Choquée et en incompréhension, et à la fois intérieurement intriguée par cette proposition, elle finit par accepter, et au moment où elle apparaît aux yeux du médecin, ce dernier se suicide et Louise erre nue, décontenancée, dans les rues de Paris, avant d’être prise en charge…

Louise va découvrir le secret de sa Maman, qui avait épousé son père, mort dans les tranchées et qu’elle semblait avoir peu aimé…

Louise repérera que sa mère a pourtant aimé, avec un amour intense, difficile, complexe et qu’elle a vécu meurtrie par les lâchetés et abandons…

Gabriel est mobilisé et il ne comprend pas l’absence de préparations à l’effort de guerre, la situation saugrenue de se voir retranché dans la ligne Maginot qui peut aisément devenir un enfer de suffocation, tant le système d’aération, d’évacuation et de chauffage semble insuffisant et contestable en sa conception.

Il observe, agacé, gêné, le manège de Raoul, un soldat, qui de combine en malversations, essaie de s’enrichir sur les commandes et fournitures de l’armée.

Gabriel et Raoul se placent en détestation directe, mais ils accompliront, ensemble, un acte de sabotage de pont, pour faire valser les colonnes Allemandes qui arrivent pour envahir le pays, livré sans blindés à l’ennemi, et donner une sorte de patriotisme en une période où le recul et le retrait deviennent la norme, avec une absence d’ordres des quartiers généraux et un manque total d’organisation, malgré la volonté et la bienveillance des hommes, qui veulent encore faire leur devoir et qui mourront en grand nombre…

Gabriel et Raoul cherchent à rejoindre, si ce n’est leurs bataillons, en tous cas, des informations sur le devenir attendu des soldats qu’ils constituent ; ils seront arrêtés et considérés comme pilleurs et rejoindront des cohortes de personnes prises en main, pour redressement, par les autorités militaires, plus intransigeantes pour réprimer et sanctionner des délits potentiels des siens, que d’affronter le réel et de tenter de sauver une patrie plus qu’en danger…

Louise a lu les lettres de sa mère et sait qu’elle a un demi-frère et elle veut le rejoindre, car elle a pu apprendre qu’il se dirigeait en une caserne en proximité d’Orléans.

Elle est accompagnée par celui qui la considère comme sa propre fille et qui l’emploie dans son restaurant, M. Jules, et qui fera tout ce qui est en son possible pour l’aider et l’appuyer.

Les deux histoires vont se retrouver pour n’en faire qu’une, unie et partagée, avec une intrigue bien ficelée et assurément romanesque et aiguisée, et l’on y retrouve tout le talent et toute la verve de l’auteur, aussi bien hors-pair dans le roman noir que dans le roman historicisé.

Je vais donc vous dire pourquoi j’ai aimé ce livre et pourquoi je vous conseille sa lecture.

J’ai apprécié fortement le personnage multiple de Désiré, tour à tour, avocat circonstanciel qui sauve de l’échafaud son client impromptu, organisateur de la propagande pour la défense militaire du pays et qui tient en haleine le pays avec la TSF et les journalistes qui se complaisent en ses points-presse, et qui deviendra le prêtre, en fougue généreuse majeure, d’une petite chapelle qui met à sa disposition ses espaces, pour tous les nécessiteux et réfugiés, quelles que soient ses nationalités.

J’aime ce personnage car il est totalement anti-conformiste, capable de toutes les mythomanies, affabulations et excès ; il peut aisément passer du théâtre libertaire au conservatisme le plus affligeant, mais en conservant sa joie et sa pétulance, son enthousiasme et ses absences de limites pour affirmer sa foi en le bien commun.

Et je préfère de loin des personnes de profil Célinien, qui mettent « leurs tripes sur la table », et vivront avec leurs fêlures, plutôt que de se contenter de personnes mièvres, toujours en jugement de valeur, qui s’adonneront d’abord à leurs petits plaisirs petits-bourgeois, en se targuant de défendre veuve et orphelin et de contester les injustices, sachant qu’ils agiront d’abord pour leur propre niveau de vie…

J’ai apprécié, tout aussi fortement le personnage d’Alice, qui devient l’infirmière et la personne à tout faire de Désiré, quand il est prêtre, qui souffre du cœur, et pour laquelle, son amour de toujours, Fernand, homme de loi et en incorporation militaire volontaire veut accomplir son rêve : l’amener sur les rivages des mille et une nuits.

Fernand va entremêler sa rigueur de fonctionnaire, désintéressée et humaniste, avec l’acceptation de prélever sa « dîme » dans des sacs de liquide, qui de toutes façons seraient perdus ou iraient à l’ennemi…

J’ai apprécié que l’auteur rappelle que l’armée de 1940 n’hésitait pas à faire tirer sur des prisonniers jugés n’allant pas assez vite, lors de la Débâcle, pour que la file indienne qui ne savait pas où elle allait continue son chemin improbable, sans que ces exactions fussent jugées…

Je vais vous dire quels sont mes regrets concernant l’assise narrative du roman.

J’ai trouvé que le roman se terminait presque trop bien, et je déplore que le personnage de Raoul ne soit pas allé jusqu’au bout de ses errements, complexités, saveurs, engagements et si l’auteur, en postface, nous en fait un membre de l’OAS, j’aurais aimé le voir agir, après les combats de 1940, en Occupation et lors de la décolonisation…

J’ai trouvé que Gabriel trouvait trop aisément que Louise pouvait devenir sa promise, et que les tensions et douleurs cumulées de la Belle s’arrêtaient un peu trop précipitamment sur le terreau de la chapelle « de Désiré », alors que leurs relations auraient nécessité plus de tragédie, de regards, d’observations, de silences, d’incompréhensions…

J’ai trouvé que le roman aurait nécessité un chapitre supplémentaire sur la période de l’Occupation, où les protagonistes auraient certainement eu à se livrer à des choix cornéliens.

N’imaginez pas un seul instant que je puisse dire que l’auteur se serait livré à un final de « facilité », je suis tellement en attente et exigence de lui que j’aurais simplement aimé des prolongations de lecture et des poursuites pour aller plus loin.

Il reste que Pierre Lemaitre est un conteur remarquable, qu’il sait tenir en haleine sa lectrice et son lecteur et qu’il se place dans la droite ligne de Maupassant, pour moi l’écrivain le plus majeur pour la description des caractères et pour les intensités des émotions, fugues et fougues, de ses personnages. Pierre Lemaitre est clairement dans son sillage direct.

Chapeau, Monsieur l’écrivain, Pierre Lemaitre, sans accent circonflexe sur le « i »…

 

Eric

Blog Débredinages

 

Miroir de nos peines

Pierre Lemaitre

Albin Michel

22,90€

Pif Gadget : 50 ans d’humour, d’aventures et de BD, de Christophe Quillien

Qu’il est agréable de se remémorer « nos madeleines » par instants !

Je suis de la génération « Pif Gadget » que mon cher grand-père, Henry, m’achetait, chaque mercredi, et me remettait quand je passais le saluer dans son épicerie, pour avoir le plaisir de refaire le monde avec lui, et ainsi de parler résultats sportifs ou d’actualités, ou tout simplement pour lui évoquer mes réalités plus ou moins fastes de collégien…

J’attendais ce moment avec impatience, et je salue aussi la tendresse de feu ma Maman, qui a accueilli les « Artemia Salima » dans un bocal pour poisson rouge (ces petits êtres microscopiques devaient être nourris par une poudre spéciale que Pif plaçait lors de chaque nouveau numéro, ce qui devait permettre leur développement…), a accepté de placer sur la viande dominicale « la plante délice du grand Nord » que j’avais tenté de faire pousser dans un pot… et qui devait agrémenter avec une saveur particulière les mets les plus raffinés ou qui a accepté que je teste, souvent en pure perte, la machine à réaliser des œufs carrés, et qui a souvent condamné des œufs durs qui auraient bien été employés autrement…

Mais le gadget faisait partie de l’aventure de la semaine et d’une certaine ouverture à l’imaginaire ou à la construction d’un paysage personnel, où j’avais l’impression de donner sens à une invention créative, que seuls les lecteurs de Pif pouvaient apprécier et ainsi d’appartenir aussi au socle fermé des initiés…

Parfois les « grands du collège » me regardaient de haut en considérant que ce magazine, issu de la presse communiste de la Résistance et du Groupe Vaillant, était forcément tendancieux politiquement et que du coup je commençais à être embrigadé… J’ai toujours réfuté cet argument, que je trouvais spécieux, car Pif n’a jamais organisé de prosélytisme et s’il proférait des valeurs de concorde, d’entraide, d’universalité humaniste, je m’y suis toujours trouvé bien en phase avec mon enfance qui considérait que la relation à l’autre et la rencontre avec la différence devaient toujours primer sur le jugement de valeur ou la crainte de ce qui n’est pas cerné ou compris.

Mon cher fils, Arthur, m’a offert un superbe livre-souvenir et mémoire, pour Noël et je l’ai lu avidement et en première priorité.

Il est très bien conçu car il évoque tous les personnages des bandes dessinées de Pif, sur toute son histoire (je l’ai lu en permanence ente 1973 et 1981, pour ce qui me concerne) et il est organisé par séquences, entre textes et dessins humoristiques, historiques, d’aventures, d’anticipation ou de regards sur le monde contemporain.

Il met en perspective chaque auteur et chaque personnage, dans le contexte des époques, et avec des illustrations et des rappels des meilleures pages qui assurent au connaisseur de Pif, ce que je me targue d’être un peu, des souvenirs marquants et majeurs, et à l’analyste de la bande dessinée, la capacité de cerner que les auteurs qui ont sévi dans Pif ont développé un talent inspiré, qui a servi de point d’ancrage pour des auteurs contemporains ou pour le renouveau de la bande dessinée sociétale ou décalée.

Mes choix d’expression, en cette modeste chronique, seront forcément partiels et partiaux, mais je voulais insister sur mes préférences de lecture que j’ai retrouvées, à satiété et avec plaisir, en ce livre riche et documenté.

D’abord La Jungle en Folie de Godard et Mic Delinx, page que je lisais en premier et qui m’enthousiasmait. Un humour percutant, un regard sur la vie contemporaine direct, sous prétexte d’évocation d’une jungle où des animaux conversent sur leurs travers et réalités de vie, et une morale totalement déjantée à la fin de l’histoire, en une bulle à droite assurée par des pies, voilà tout ce que renfermait cette BD magistrale !

Joe le tigre ne mange que des pommes, Gros Rino, rhinocéros craintif essaie toujours de lancer des considérations sur tous sujets et Mortimer, le serpent « à sornettes » (oui le jeu de mots me fait toujours rire…) communique des vannes absurdes à chaque instant. Cette bande dessinée ouvre le champ des complicités de Cazenove et Larbier en notre époque, ou de certains sketchs de l’équipe de Groland où l’on n’hésitera jamais à parler des problèmes financiers d’un mille-pattes qui doit acheter tellement de chaussures…

Puis Docteur Justice d’Ollivier et Marcello, qui racontait les tribulations d’un médecin, maître des arts martiaux, affecté à une organisation internationale de santé et qui démantelait, quasi seul, des gangs qui sévissaient pour la contrebande de faux médicaments ou qui répandaient des virus pour prendre le pouvoir. Docteur Justice était mon héros, redresseur de torts, et celui qui permettait de proclamer un monde plus ouvert et tolérant face à tous les fanatismes ; le message peut apparaître un peu puéril ou facile pour celles et ceux qui considèrent que le monde est ce qu’il est, il reste cependant en résonance permanente avec toutes nos actualités.

Et encore « Rahan », le chevelu blond vivant en période préhistorique, de Lécureux et Chéret, agissant avec son coutelas, en rappel des messages de son père Craô, pour aller toujours à la rencontre des autres hommes qui l’intimideront, le pourchasseront, le mettront en pièce, mais qu’il affrontera sans jamais les tuer et auxquels il déclamera sa flamme pour une relation plus apaisée et une union face aux adversités. Et si Rahan savait comme Tarzan, dont il s’inspire un peu-beaucoup, utiliser des lianes et combattre à mains nus des animaux aux griffes acérées et sans blessure autre que superficielle, j’ai toujours considéré que cela ne me posait pas de problème, car Rahan devait poursuivre son destin, envers et contre tout, même les approximations…

Puis Gai Luron de Gotlib, mon dessinateur favori, créateur de ce personnage béat, naïf, souvent inerte, mais toujours calme et pondéré pour toutes les résolutions, et souvent découvreur avant tout le monde de décisions directes et assumées propres à renverser toutes les certitudes.

Quand Gai Luron ramène des champignons et quand on l’interroge sur la réalité ou pas de leur comestibilité, Gai Luron précise qu’il les mange et que l’on verra bien…

Quand il saute en parachute et qu’il hésite à ouvrir son parachute, il se dit qu’à deux mètres du sol, il n’est plus nécessaire de l’ouvrir et que cela lui évitera de le remettre en ordre, il sera déjà plié…

J’ai toujours aimé cette poésie inspirante, proche du « ravi de la crèche » certes, mais qui sait aussi transmettre de l’affection et de la douceur et qui ne fera jamais aucun mal à quiconque, et qui saura aussi être solidaire face à celles et ceux qui se moqueront de lui.

Et Corto Maltese d’Hugo Pratt qui m’a tant fait voyager, dont je découpais scrupuleusement les dessins des moais de l’Ile de Pâques qu’il a parcourue souvent et qui me faisaient tellement rêver, ou qui se promenait dans des lieux d’aventure où je retrouvais les ruines d’Angkor, en me plaçant en son sillage, comme un découvreur qui aurait été le premier à retrouver des sites enfouis…

Et je termine par un hommage à un dessinateur que je reproduisais avec envie, en mes dessins personnels, et dont j’ai appris le décès très jeune, en 1980, à l’âge de 38 ans, en lisant ce livre, Jean-Claude Poirier.

Il était mon scénariste et dessinateur phare, créateur déjanté et ô combien talentueux de Supermatou ou d’Horace, cheval de l’ouest et qui alliait un humour dévastateur, un dessin d’une drôlerie récurrente et un lettrage enjoué et palpitant.

Et j’avais un faible absolu pour Agagax, dit le téteur fou, bébé méchant à souhait et qui se livre à toutes les turpitudes, en rencontrant des camions qui parlent et qui se hissent eux-mêmes comme des personnages à part entière, et où le héros de l’auteur croise des caricatures de personnages de comédies, devenant eux-mêmes des protagonistes de l’histoire.

Un livre réussi, qui m’a fait du bien, qui m’a rappelé de forts bons moments et qui me fait conserver mon âme d’enfance ou d’adolescence que je n’ai jamais vraiment perdue, en tous cas je l’espère…

Merci à Arthur pour son offrande !

 

Éric

Blog Débredinages

 

Pif Gadget, 50 ans d’humour, d’aventures et de BD, de Christophe Quillien

Éditions Hors Collection

Joe le Tigre de Godard et Mic Delinx et Gai Luron de Gotlib, tous droits réservés

La guerre de cent ans de Cazenove, Richez et Peral

Allier humour, pédagogie, sens de la dérision, avec une vive plongée dans les références historiques, telles sont les fortes gageures sur lesquelles nos auteurs se livrent dans cet opus particulièrement instructif, subtilement corrosif et délicieusement décalé, mais aussi dynamiquement renseigné sur les vécus de cette guerre continuelle, durant près de cent vingt ans, fratricide entre Anglais et Français.

Vous pourrez ainsi, en lisant cet album inspirant, vous remémorer le concept de la loi salique, qui écarte définitivement toute femme –  même en priorité de droit d’ainesse – pour régner sur le trône de France, redécouvrir la fatuité du barrage que les Français avaient établi pour éviter une invasion Anglaise, avant de voir leur flotte détruite de manière irrémédiable par un incendie causé par des flèches enflammées, revivre la réalité de la bataille de Poitiers où le roi Jean II le Bon a été fait prisonnier et qui sera libéré moyennant une rançon qui videra les caisses du royaume, revisiter la destinée de Jeanne d’Arc qui a placé Charles VII en légitimité, avant qu’elle ne soit abandonnée par son souverain, vous rappeler les batailles gagnées en permanence par Duguesclin et méditer sur l’avancée funeste de la peste, qui décime les populations, déjà plus que ravagées par cette guerre dont elle ne connaîtra jamais la fin…

Un dossier pédagogique de grande qualité accompagne l’album, au sein duquel l’on peut puiser avec intérêt, pour recouvrer les dates et périodes majeures de cette période si troublée, qui permit cependant la reconnaissance d’une monnaie nationale et d’une certaine forme d’identité ou de souveraineté du pays, qui commence à se structurer et s’organiser.

Merci aux auteurs très en verve, pour leurs jeux de mots et de paroles, et pour placer de l’humanité humoristique en l’évocation de ces terribles réalités rudes.

Bon vent pour la poursuite des aventures et des collaborations de nos auteurs, pour cette même période peut-être, pour de nouvelles anecdotes, avec leurs mises en perspectives motivantes, ou pour d’autres analyses historiques sur d’autres époques, avec de mêmes élans dynamiques, éducatifs et salvateurs, comme seules les communications en bande dessinée savent l’organiser.

Amitiés vives à toute l’équipe de réalisation de l’album.

Éric

Blog Débredinages

La guerre de cent ans

Scénario : Cazenove et Richez

Dessins : Peral

Couleurs : Alexandre Amouriq et Mirabelle

Bamboo Éditions

Les Châteaux de la Loire de Cazenove et Larbier

 

Amie Lectrice et Ami Lecteur, je me remémore, avec avidité, ma rencontre passionnelle et passionnante avec Christophe Cazenove et Philippe Larbier, en novembre 2015 (cf photos ci-dessus), pour un festival BD sur Rive de Gier (entre Lyon et Saint-Etienne, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas cette vallée qui fut pourtant tellement industrieuse), respectivement émérites scénariste et dessinateur des Petits Mythos, collection qui allie pédagogie, réflexion et humour incisif et décalé, attributs d’un vrai plaisir pour les jeunes ou leurs parents qui n’ont jamais trop grandi (et je me place aisément dans ce doux sillage…).

Les deux acolytes restent accessibles et humbles, cela n’empêche pas, sans me positionner comme un de leurs thuriféraires, que je loue fortement leur talent, leur faculté immédiate et réactive pour le sens du gag et leur capacité à réinventer des histoires prenant corps et cœur sur des lectures érudites.

J’avais eu plaisir à les interviewer, en modestie, et je garde de cette rencontre un souvenir enjoué et flatteur.

Je les ai retrouvés avec un nouvel opus consacré aux Châteaux de la Loire.

L’album s’inscrit avec la volonté de parler de l’histoire de la construction, souvent ancrée avec plusieurs édifices successifs, des Châteaux, et de mêler réalité historique et humeur pour délivrer ce qui s’est déroulé d’important, en ces lieux, qui marquent de leur empreinte tout ce « val » dit de douceur et qui connut cependant moult soubresauts…

Philippe dessine des personnages toujours acérés, en son style caractéristique alliant sens du comique et caricature, qui n’oublie jamais la reconnaissance fiable de celle ou celui dont il parle, et il nous démontre ici, aussi, un sens aigu de la rigueur architecturale, en marquant de son crayon ou de son feutre une précision aiguisée pour tous les Châteaux dont l’album narre l’histoire comme les évolutions.

Christophe s’attache à puiser dans la Grande Histoire pour évoquer « les petites histoires » qui traversent la présence des occupants ou qui s’associent aux destinées des pierres et pièces de cachet des édifices ; il sait, avec maîtrise, concilier rappel informatif et éducatif et humour percutant.

Vous vous rappellerez que François Ier désirait placer ses pas sous le sceau de la salamandre, animal « censé éteindre les mauvais feux et attiser les bons » et que Chambord regorge de ces représentations, mais vous comprendrez aisément qu’il est plus compliqué d’en faire un festin, même si le cuisinier royal désire surprendre son altesse…

Vous repérerez que l’escalier à vis, toujours à Chambord, où l’on  peut monter et descendre sans croiser qui que ce soit, aurait pu aussi, peut-être, être construit pour masquer un libertinage…

Le temps record de la construction du château de Langeais inspire un gag rappelant l’agilité de Lucky Luke, qui tire (comme chacun sait) plus vite que son ombre et qui renvoie aux ouvriers de chantier de l’édifice qui pourraient presque réaliser les perspectives de Louis XI avant qu’il ne les ai réfléchies ou pensées.

Vous apprécierez découvrir que le château d’Ussé, dont Perrault s’est inspiré pour la Belle au bois dormant, s’est affecté de la construction d’un bastion, réalisé par Vauban, dont l’une des filles avait épousé le propriétaire de l’édifice ; Christophe et Philippe imaginent avec crédibilité que la réalisation ne fut peut-être pas du goût de la jeune femme…

Vous apprendrez que le château de Blois intègre plusieurs styles architecturaux  et le guide des lieux semble prendre les traits d’un de nos grands acteurs, vigneron de son état aussi, en Touraine…

J’aime beaucoup le gag sur l’ajout d’étages sur la galerie du pont de Chenonceau, qui aurait entraîné l’obligation pour les bateliers navigants de rebrousser chemin, car ne pouvant plus passer sous les arches, et le clin d’œil injurieux avec la présence de Totor le Minotaure rassemble la tendresse affective de nos deux auteurs pour leurs productions et parcours communs.

Je place aussi un élan particulier pour la reconnaissance à Chinon par Jeanne d’Arc, du dauphin, futur Charles VII, qui remet quelques idées en place, salvatrices, sur le mythe fondateur sacralisé de notre « héroïne ».

Quant à Léonard de Vinci, sa venue à Amboise pour profiter d’une douce retraite… ne s’est pas forcément déroulée comme ses vœux l’imaginaient, car si François Ier lui avait assuré soutien et appui, il souhaitait bien évidemment l’intégrer dans sa volonté de magnificence pour installer la France dans la renaissance des arts plutôt que de lui laisser libre cours au farniente.

Un cahier pédagogique de bonne facture est glissé dans l’opus pour donner envie de promenades et découvertes et pour prolonger la lecture par un élan touristique, avec une envie réelle de replonger dans l’histoire des Châteaux, qui allie l’analyse de leur construction pas à pas et pierre à pierre avec notre déroulé de vécu, depuis la Renaissance.

Salut fraternel, et toujours admiratif, à Christophe et Philippe, et à bientôt, « les gars » et amitiés vives !

Éric

Blog Débredinages

Les châteaux de la Loire de Christophe Cazenove et Philippe Larbier

Scénario : Cazenove

Dessins : Larbier

Couleurs : Alexandre Amouriq et Mirabelle – Bamboo Editions

Photos personnelles ; et merci à mes fils pour ce cadeau de fête des pères plus que sympathique.

 

 

 

 

 

 

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