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La guerre de cent ans de Cazenove, Richez et Peral

Allier humour, pédagogie, sens de la dérision, avec une vive plongée dans les références historiques, telles sont les fortes gageures sur lesquelles nos auteurs se livrent dans cet opus particulièrement instructif, subtilement corrosif et délicieusement décalé, mais aussi dynamiquement renseigné sur les vécus de cette guerre continuelle, durant près de cent vingt ans, fratricide entre Anglais et Français.

Vous pourrez ainsi, en lisant cet album inspirant, vous remémorer le concept de la loi salique, qui écarte définitivement toute femme –  même en priorité de droit d’ainesse – pour régner sur le trône de France, redécouvrir la fatuité du barrage que les Français avaient établi pour éviter une invasion Anglaise, avant de voir leur flotte détruite de manière irrémédiable par un incendie causé par des flèches enflammées, revivre la réalité de la bataille de Poitiers où le roi Jean II le Bon a été fait prisonnier et qui sera libéré moyennant une rançon qui videra les caisses du royaume, revisiter la destinée de Jeanne d’Arc qui a placé Charles VII en légitimité, avant qu’elle ne soit abandonnée par son souverain, vous rappeler les batailles gagnées en permanence par Duguesclin et méditer sur l’avancée funeste de la peste, qui décime les populations, déjà plus que ravagées par cette guerre dont elle ne connaîtra jamais la fin…

Un dossier pédagogique de grande qualité accompagne l’album, au sein duquel l’on peut puiser avec intérêt, pour recouvrer les dates et périodes majeures de cette période si troublée, qui permit cependant la reconnaissance d’une monnaie nationale et d’une certaine forme d’identité ou de souveraineté du pays, qui commence à se structurer et s’organiser.

Merci aux auteurs très en verve, pour leurs jeux de mots et de paroles, et pour placer de l’humanité humoristique en l’évocation de ces terribles réalités rudes.

Bon vent pour la poursuite des aventures et des collaborations de nos auteurs, pour cette même période peut-être, pour de nouvelles anecdotes, avec leurs mises en perspectives motivantes, ou pour d’autres analyses historiques sur d’autres époques, avec de mêmes élans dynamiques, éducatifs et salvateurs, comme seules les communications en bande dessinée savent l’organiser.

Amitiés vives à toute l’équipe de réalisation de l’album.

Éric

Blog Débredinages

La guerre de cent ans

Scénario : Cazenove et Richez

Dessins : Peral

Couleurs : Alexandre Amouriq et Mirabelle

Bamboo Éditions

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Les Châteaux de la Loire de Cazenove et Larbier

 

Amie Lectrice et Ami Lecteur, je me remémore, avec avidité, ma rencontre passionnelle et passionnante avec Christophe Cazenove et Philippe Larbier, en novembre 2015 (cf photos ci-dessus), pour un festival BD sur Rive de Gier (entre Lyon et Saint-Etienne, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas cette vallée qui fut pourtant tellement industrieuse), respectivement émérites scénariste et dessinateur des Petits Mythos, collection qui allie pédagogie, réflexion et humour incisif et décalé, attributs d’un vrai plaisir pour les jeunes ou leurs parents qui n’ont jamais trop grandi (et je me place aisément dans ce doux sillage…).

Les deux acolytes restent accessibles et humbles, cela n’empêche pas, sans me positionner comme un de leurs thuriféraires, que je loue fortement leur talent, leur faculté immédiate et réactive pour le sens du gag et leur capacité à réinventer des histoires prenant corps et cœur sur des lectures érudites.

J’avais eu plaisir à les interviewer, en modestie, et je garde de cette rencontre un souvenir enjoué et flatteur.

Je les ai retrouvés avec un nouvel opus consacré aux Châteaux de la Loire.

L’album s’inscrit avec la volonté de parler de l’histoire de la construction, souvent ancrée avec plusieurs édifices successifs, des Châteaux, et de mêler réalité historique et humeur pour délivrer ce qui s’est déroulé d’important, en ces lieux, qui marquent de leur empreinte tout ce « val » dit de douceur et qui connut cependant moult soubresauts…

Philippe dessine des personnages toujours acérés, en son style caractéristique alliant sens du comique et caricature, qui n’oublie jamais la reconnaissance fiable de celle ou celui dont il parle, et il nous démontre ici, aussi, un sens aigu de la rigueur architecturale, en marquant de son crayon ou de son feutre une précision aiguisée pour tous les Châteaux dont l’album narre l’histoire comme les évolutions.

Christophe s’attache à puiser dans la Grande Histoire pour évoquer « les petites histoires » qui traversent la présence des occupants ou qui s’associent aux destinées des pierres et pièces de cachet des édifices ; il sait, avec maîtrise, concilier rappel informatif et éducatif et humour percutant.

Vous vous rappellerez que François Ier désirait placer ses pas sous le sceau de la salamandre, animal « censé éteindre les mauvais feux et attiser les bons » et que Chambord regorge de ces représentations, mais vous comprendrez aisément qu’il est plus compliqué d’en faire un festin, même si le cuisinier royal désire surprendre son altesse…

Vous repérerez que l’escalier à vis, toujours à Chambord, où l’on  peut monter et descendre sans croiser qui que ce soit, aurait pu aussi, peut-être, être construit pour masquer un libertinage…

Le temps record de la construction du château de Langeais inspire un gag rappelant l’agilité de Lucky Luke, qui tire (comme chacun sait) plus vite que son ombre et qui renvoie aux ouvriers de chantier de l’édifice qui pourraient presque réaliser les perspectives de Louis XI avant qu’il ne les ai réfléchies ou pensées.

Vous apprécierez découvrir que le château d’Ussé, dont Perrault s’est inspiré pour la Belle au bois dormant, s’est affecté de la construction d’un bastion, réalisé par Vauban, dont l’une des filles avait épousé le propriétaire de l’édifice ; Christophe et Philippe imaginent avec crédibilité que la réalisation ne fut peut-être pas du goût de la jeune femme…

Vous apprendrez que le château de Blois intègre plusieurs styles architecturaux  et le guide des lieux semble prendre les traits d’un de nos grands acteurs, vigneron de son état aussi, en Touraine…

J’aime beaucoup le gag sur l’ajout d’étages sur la galerie du pont de Chenonceau, qui aurait entraîné l’obligation pour les bateliers navigants de rebrousser chemin, car ne pouvant plus passer sous les arches, et le clin d’œil injurieux avec la présence de Totor le Minotaure rassemble la tendresse affective de nos deux auteurs pour leurs productions et parcours communs.

Je place aussi un élan particulier pour la reconnaissance à Chinon par Jeanne d’Arc, du dauphin, futur Charles VII, qui remet quelques idées en place, salvatrices, sur le mythe fondateur sacralisé de notre « héroïne ».

Quant à Léonard de Vinci, sa venue à Amboise pour profiter d’une douce retraite… ne s’est pas forcément déroulée comme ses vœux l’imaginaient, car si François Ier lui avait assuré soutien et appui, il souhaitait bien évidemment l’intégrer dans sa volonté de magnificence pour installer la France dans la renaissance des arts plutôt que de lui laisser libre cours au farniente.

Un cahier pédagogique de bonne facture est glissé dans l’opus pour donner envie de promenades et découvertes et pour prolonger la lecture par un élan touristique, avec une envie réelle de replonger dans l’histoire des Châteaux, qui allie l’analyse de leur construction pas à pas et pierre à pierre avec notre déroulé de vécu, depuis la Renaissance.

Salut fraternel, et toujours admiratif, à Christophe et Philippe, et à bientôt, « les gars » et amitiés vives !

Éric

Blog Débredinages

Les châteaux de la Loire de Christophe Cazenove et Philippe Larbier

Scénario : Cazenove

Dessins : Larbier

Couleurs : Alexandre Amouriq et Mirabelle – Bamboo Editions

Photos personnelles ; et merci à mes fils pour ce cadeau de fête des pères plus que sympathique.

 

 

 

 

 

 

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