Amie Lectrice et Ami Lecteur, le titre du livre de mon auteur vénéré pourrait vous apparaître bien étrange…

Il identifie le cri de ralliement des veilleurs, qui alertent les revendeurs de la venue de la police ou de quelqu’un de « suspect », pour éviter qu’ils soient pris sur le fait de leurs trafics…

Didier Daeninckx a écrit ce livre, alors qu’il a dû quitter sa banlieue Parisienne natale, et lieu de vie de plus de cinquante ans, car il a été la victime d’un incendie criminel et de menaces, lui qui a toujours défendu les Cités, qui a toujours aimé ses métissages, qui a toujours plaidé pour la concorde, qui a toujours milité, avec engagements, pour la reconnaissance de ses créativités, pour la sortir de ses isolements.

Il n’était pas question, pour lui, de céder aux chantages, mais il avait aussi la sécurité de son couple à assurer, et, comme la banlieue se transformait, par endroits, en mafia organisée, il décida de prendre la plume, de dénoncer les lâchetés des édiles qui préfèrent combiner avec les malfaisants plutôt que de les écarter, qui se transforment en corrompus pour défendre leurs pouvoirs et pré-carrés en laissant les bas trafics continuer à perdurer…

Et pourtant les trafics s’associent à des violences infinies qui terrassent dans l’abandon des pans entiers de quartiers qui n’en peuvent plus de dépendre des acteurs du monde des stupéfiants, de l’argent facile, du crime organisé…

Érik Ketezer est vétérinaire en Normandie et s’est installé dans les anciens quartiers bourgeois et de « cottage » de la famille Renault.

Sa clinique fonctionne bien, il est apprécié, dispose d’une clientèle fidèle qui connaît ses compétences, sa faculté à trouver rapidement le geste inspiré, pour remettre sur pied tous les animaux de compagnie appréciée.

Il connaît bien la banlieue parisienne où il a vécu une bonne partie de sa vie.

Il est appelé par la sœur et la mère de son ancienne petite amie, qui croupit dans un asile d’aliénés, qui semble totalement sous emprise, dans l’impossibilité de sortir d’une dépression emmurée.

Le frère de la famille vient d’être trouvé mort en Thaïlande et Érik est sollicité pour accomplir les démarches de rapatriement du corps.

Érik accepte la demande formulée, va rencontrer, sur place, des personnels consulaires et des relations de travail et d’affaires du frère décédé, qui était un passionné de plongée et qui avait organisé, sur site, une entreprise d’accompagnement de touristes pour des lieux magiques à explorer.

L’histoire, narrée efficacement, ciselée à la manière des veines habituelles de roman noir chez l’auteur, vous offrira :

  • La connaissance de la Thaïlande où s’interpénètrent populations locales, plus ou moins appâtées par les gains promis par les occidentaux de passage, organisant des projets suspects et souvent clandestins.
  • Le repérage que de nombreux responsables politiques des Cités croisent relation avec des personnes peu scrupuleuses, en Thaïlande, sous fond de sexe, de lucre, d’alcool à flot au prix invraisemblable, comme si la débauche planifiée sur place et l’envie de sortir de la condition habituelle livraient à tous les excès, en échange du silence absolu en chape d’acier, de l’acceptation, de retour en France, de ne rien dire qui pourrait remettre en question des états de fait, pourtant bien inquiétants au sein des trafics de drogue et de l’élimination criminelle de ceux qui dérangent.
  • Le lien direct entre trafiquants et édiles municipaux. Ces derniers ont reçu l’appui des réseaux, pour être élus ou conserver leur pouvoir, y compris avec des campagnes sans scrupules et des acceptations d’intégration de personnes peu recommandables dans les services publics, sans respect des règles habituelles de recrutement. Les trafiquants peuvent compter, en échange, sur le silence des responsables sur leurs organisations et sur le blanchiment de leurs finances…
  • La préférence donnée à la violence, à l’intimidation, à la mise en œuvre de foyers de tension, pour mettre à bas, empêcher toute forme de contestation, de débat différent, et surtout pour que ne puissent être dévoilées les arnaques et compromissions.
  • La destruction permanente des fondements des Cités, du désintéressement initial de leurs représentants, par la baisse drastique des subventions pour remédier aux contraintes de logements vétustes, pour améliorer des groupes scolaires en lambeaux, pour appuyer, par subventions, des initiatives, car l’on préfère utiliser les subsides pour des opérations de communication, pour des relations extérieures, au détriment de la justesse et de la justice, en enrichissant les mercantiles de tous acabits.

Quand Érik comprendra pourquoi son ancienne petite amie avait déféqué sur la tombe d’un ancien édile municipal, geste qui l’entraînera en cet asile d’aliénés, il ne pourra que se précipiter pour lui dire qu’il a enfin compris le sens de son acte, que son frère décédé avait aussi cerné…

Cette décision directe et cet acte impitoyable symbolisaient déjà le cri de détresse contre des personnalités malsaines, manipulatrices, qui ont inscrit la première pierre d’une banlieue – autrefois ouverte et multiple, tolérante et conquérante, malgré les misères – instituée comme le sentier permanent des trafics et mafias, avec des subordinations directes entre personnalités politiques et monde des stupéfiants et de la violence.

On retrouve les mêmes germes insupportables des villes Italiennes de Calabre, de Campanie et de Sicile, où gangrènent, depuis des lustres, des sociétés secrètes, qui donnent un peu d’argent à ceux qui en manqueraient, pour qu’ils leur lèchent la main et deviennent serviles.

Quand la délinquance pénètre le service public, quand le ramassage des ordures et le dysfonctionnement des ascenseurs des tours passe après l’avidité des clans, quand les réseaux islamistes s’interpénètrent pour placer des personnes à elles aux postes clefs municipaux, interdisant toute ouverture d’’esprit, plaçant dans les bibliothèques tous les ouvrages de la mouvance nouvelle rouge brune, l’on ressort révolté, et la lecture de Daeninckx, toujours bienfaisante, démontre que le combat pour un renouveau commence dès à présent.

Lisez ce livre direct, sans concession, écrit comme un coup de poing de face, qui vise à réveiller les consciences, à dire ce qui est, avec la volonté qu’il ne se perpétue pas, et qui plaide pour que des forces progressistes reviennent prendre le destin de ces quartiers, pour que les personnes délaissées ou abandonnées reçoivent enfin une nouvelle attention salvatrice !

Éric

Blog Débredinages

Artana ! Artana !

Didier Daeninckx

Nrf Gallimard