Amie Lectrice et Ami Lecteur, en me rendant en 2008, sur les traces de mon poète indépassable et admiré, Pablo Neruda, en sa maison-cabinet de multiples curiosités, en la ville d’Isla Negra, face au Pacifique, là où il a pu être enterré, avec son épouse, lorsque la démocratie revint en le pays, au début des années 90, j’ai pu cerner qu’il plaçait très haut la poésie de Walt Whitman, qu’il considérait comme un maître-fondateur.

Le poète Walt Whitman est connu pour sa somme, Feuilles vertes, recueil compact de plus de 700 pages, et il est bien qu’un éditeur indépendant, attaché aussi à une nouvelle traduction, ait eu l’idée de présenter des poèmes choisis, permettant de pénétrer l’univers de l’auteur, de donner l’envie d’aller plus loin, permettant ensuite de pouvoir affronter son recueil cité exigeant et touffus.

Walt Whitman fut un homme du XIXème siècle, engagé dans la lutte contre toute forme d’esclavage et d’asservissement, et, s’il resta toujours fidèle au Parti Démocrate, il s’écarta de ses responsables quand ces derniers ne voulaient pas s’atteler à la lutte contre le travail imposé dans les états de l’ouest naissant.

Il fut impliqué dans la guerre de Sécession, toujours sur le sujet de la lutte contre l’esclavage, et fut un des représentants ministériels des armées victorieuses du Nord.

Walt Whitman a fortement influencé Pablo Neruda et tous les poètes Américains pour qu’ils écrivent selon leur sensibilité propre, en ne prenant pas appui, prétexte ou référence sur l’Europe culturelle toute puissante à l’époque.

Et Walt Whitman fut un des premiers défenseurs de la libre expression ou d’orientation sexuelle, en reconnaissant en ces poèmes l’homosexualité.

Ce recueil est illustré par plusieurs poèmes de référence, chacun arguant d’un sujet spécifique :

  • sur les études qu’il n’a pas eu l’envie de suivre didactiquement comme on les lui imposait, qu’il ne suivit qu’hâtivement pour se construire par lui-même son éducation, voulant ainsi porter flambeau sur la nécessité d’une écoute individualisée liée aux attentes de chaque enfant ou jeune,
  • sur la nécessité de combattre pour la démocratie, par delà les tensions ou conséquences funestes, car le prix pour l’avènement de la liberté se paie de sang souvent, mais ce sang portera les germes d’un mieux-être social et individuel,
  • sur la conquête des espaces et des variétés de paysages Américains, non pas pour se porter comme un homme avide des territoires-propriétés, mais pour magnifier, par des chants, les champs immenses et divers d’une Nation naissante.

Walt Whitman aime aussi parler de New-York, sa Ville, des bateaux, des fleuves et de la Mer, des mystères insondables de la mort, comme de la vie donnée, lui qui invoque une sorte d’Etre Suprême, mais qui surtout cherche à poursuivre les débats et conversations avec celles et ceux qui nous ont quittées et quittés, qu’il considère comme perpétuels par les songes et les forces des esprits.

Walt Whitman écrit en prose poétique, mais sait aussi versifier, et quand il ne prend pas la route des vers, sa poésie reste toujours prenante et enivrante, réflexive et porteuse.

Walt Whitman est aussi le poète du sexe, car il n’hésite pas à être cru et direct pour parler des sens et des enlacements, en restant toujours dans le registre du verbe inspiré, élégant et délicat, et croiser les envies de parler de sexe avec la capacité « à bien en dire », comme on dit joliment au Québec, n’est pas donné à tout le monde…

Et voilà en version française et américaine, en guise d’ode pour vous inviter, vous aussi, à aller plus loin, l’un des extraits d’un de mes poèmes préférés – Un chant de joies (A song of joy) – et je suis certain que vous saurez l’apprécier ; ainsi vous aurez l’irrésistible assurance de découvrir une œuvre originale, méconnue, tellement passionnelle, inspiratrice de tous les grands poètes contemporains :

Oh tandis que j’existe, être celui qui commande à la vie, non un esclave,

Affronter la vie en puissant conquérant,

Pas d’irritations, pas de spleen, plus de plaintes ni de critiques dédaigneuses,

A ces hautaines lois de l’eau, de l’air et de la terre, prouvant que mon âme intérieure est imprenable,

Et que rien de l’en-dehors n’aura jamais pouvoir sur moi.

Oh while I exist, be the one in charge of life, not a slave,

Face life as a powerful conqueror,

No irritations, no spleen, no more complaints or dismissive criticism,

To these haughty laws of water, air and earth, proving that my inner soul is impregnable,

And that nothing from outside will never have power over me.

 

Eric

Blog Débredinages

 

Poèmes

Walt Whitman

Simplicissimus Book farm, nouvelle edition et traduction

Via http://write.streetlib.com