Résultat de recherche d'images pour "les chiens de riga mankell"

Mon Ami, Yves, indépassable blogueur avec son site « Lyvres », exceptionnel en pépites dénichées et en célérité dans son renouvellement informatif littéraire permanent, m’avait fait part, suite à ma promenade récente estivale, en Lettonie, que l’un de ses enquêteurs fétiches, Kurt Wallander, connaissait bien le pays…

Suivant ses conseils toujours porteurs, j’ai acheté Les Chiens de Riga, œuvre que je n’avais encore jamais fait mienne en mes lectures de roman noir.

J’ai retrouvé toute la tonicité d’Henning Mankell qui intègre toujours les réalités historiques et sociétales, en ses narrations.

J’ai pu surtout mettre en relief le descriptif de la Lettonie d’émancipation naissante en ce livre, datant de 1992, et mes propres pérégrinations en ce pays méconnu qui porte avec fierté sa volonté d’ouverture et d’indépendance affirmée.

Wallander est chargé d’enquêter sur la mort de deux hommes laissés à la dérive, en un canot, et découverts en pleine mer par un bateau de trafic de contrebande qui ne cherche vraiment pas alerter la police, mais qui ne peut se résoudre à passer son chemin et qui fait en sorte que l’on puisse le retrouver en bord de côte Suédoise…

L’on repère assez vite que les deux hommes sont Lettons et qu’ils ont fait les frais radicaux d’un règlement de compte lié au trafic de drogue.

Le major Liepa, en provenance de Riga, est appelé à se rendre en Suède pour reprendre les commandes de l’enquête ; il analyse assez vite le sérieux et l’opiniâtreté de Wallander qui lui-même, malgré les volutes de fumée étouffantes du major, se prend d’affection pour lui et regrette ardemment que le canot, en lequel les deux hommes ont été retrouvés morts, ait pu disparaître du commissariat en une équipée de cambriolage nocturne fantasque…

Le major Liepa retourne sur Riga, récupérant l’enquête, mais il se retrouve assassiné très peu de jours plus tard…

La police Lettone demande instamment à Wallander de venir l’appuyer et l’aider, mais notre enquêteur sent instinctivement qu’il est suivi, placé en filature, qu’on l’empêche de pouvoir discuter comme il l’entend, de rencontrer qui il souhaite.

Il se sent épié et mis sur écoute.

Il arrive cependant à rencontrer, après des circonvolutions et nécessités de donner le change épiques, l’épouse du major, Baiba, qui est persuadée que le major a été victime d’un crime politique.

Wallander est obligé de quitter Riga quand un coupable idéal semble avoir été arrêté et après ses aveux providentiels, mais il sait qu’il y reviendra, malgré les embûches et la certitude de forces obscures qui s’attacheront à le neutraliser ou à contraindre toute manifestation de la vérité.

Le bastion de Riga et ses petites collines en bord de canal, en plein centre-ville, sont aujourd’hui des lieux de pèlerinage où l’on observe encore des marques de balles dans la pierre, rappelant les combats entre forces indépendantistes et apparatchiks de la minorité russophone désireuse de conserver la vassalité à Moscou.

Henning Mankell évoque ces lieux de mémoire, encore toute vive et émue des combats datant d’à peine une année avant la sortie du livre.

La colonne de l’indépendance, d’intérêt architectural modeste, symbolise la primauté des idéaux de liberté du pays, et elle fait l’objet d’une vénération de mémoire, sur Riga.

Wallander la croise souvent dans le livre, entre volonté d’esquiver des chaperons et tentative de rejoindre le centre historique pour rencontrer Baiba…

Surtout le livre sait structurer les essentiels : déterminer le double jeu, ne pas identifier les coupables en aisance, assurer que les combattants pour l’ivresse indépendante sauront toujours préférer la mort qu’une vie sans liberté…

Cet idéal arboré les honorant, Wallander ne pourra jamais se désengager du lien qui unit son destin aux leurs, dorénavant, et il veut démontrer que les compromissions et hypocrisies se placent souvent en priorité face à la transmission de convictions aiguisées pour lesquelles on serait prêt à tout sacrifier… Mais il sait quel camp il veut appuyer ou servir.

Et comme toujours avec Wallander, l’on ne sait jamais si l’on peut imaginer un avenir moins sombre ou si l’on doit se concentrer pour se dire que le pire est encore à venir…

Aller visiter Riga, en prenant ce livre comme guide de promenade et surtout d’arrêt récurrent de lectures, en ses parcs magnifiques ou en ses bordures de canal, constitue une invitation que je vous recommande.

Et je transmets mes affections à Yves qui m’a permis, ainsi, de prolonger mon voyage.

Amitiés vives, Lectrice et Lecteur.

Eric

Blog Débredinages

 

Les chiens de Riga

Henning Mankell, qui ne cesse de manquer depuis qu’il a tourné le pas trop vite…

Collection Points Seuil

8.5€

Photo de la colonne de l’indépendance à Riga

Résultat de recherche d'images pour "COLONNE INDEPENDANCE RIGA"