Depuis le 1er décembre, à la galerie « Autour de l’Image », à Lyon, Raphaël Lam expose son travail, en une orchestration dénommée « le geste de coudre ».

Près d’une centaine d’œuvres a été rassemblée qui s’agrège avec des collages, réinterprétations colorisées de pages de livres anciens, apport de fils et de coutures stylisées et organisations géométriques qui se superposent ou s’entrechoquent.

Je me suis particulièrement arrêté sur les tableaux prenant appui sur des statuettes précolombiennes tirées d’un ouvrage que l’artiste a déniché chez un bouquiniste et qui prenait l’eau… Il a assemblé différentes figures, reprenant leurs gestuelles, leurs caractéristiques et leurs signifiants, mais en les associant avec des damiers ou des composites de couleurs, en y glissant son doigté vif de styliste en couture.

Cet assemblage développe un émoi et une beauté transcendée et transfigure aussi la statuette qui sort de sa réalité historique ou patrimoniale pour s’affirmer comme un être original naviguant entre géométrie et espaces réinventés, avec couleurs défilantes sur bandes structurées.

J’ai aimé aussi la nouvelle donne de photographies en provenance du site de la grotte de l’Aven Armand, où par petites touches temporelles et placement de fils aiguisés ou d’implants colorés, l’artiste redonne vie à un lieu magique et mythique, en le plaçant en une portée d’images ouverte à toutes les sensibilités.

Les représentations interprétées des cartographies de différents pays ou continents, avec l’ajout d’animaux de faune endémiques des territoires consacrés, associent aussi plaisir du regard, contemplation d’un espace revisité et forte invitation au voyage, par l’apport de couleurs sensorielles et du geste qui guide, qui emporte, qui structure, qui décale, ou ramène sur place, magnifié par des coutures à la fois visibles et invisibles, toujours positives et ouvertes.

Cette exposition riche et réussie nécessite une promenade de votre part, en vous dépêchant certes, car elle se clôture en cette future proche veille de Noël, mais elle vous apportera le croisement de plusieurs regards, le plaisir de la découverte de foisonnements inspirés et surtout la capacité à observer qui varie et s’interpénètre, en fonction de l’importance des formats, de l’obligation d’aller et venir au milieu des atours des œuvres, pour les scruter et les différencier, à plusieurs reprises, pour en intégrer tous les sens et toutes les saveurs.

J’ai particulièrement aimé une interprétation plus sacrale, qui pourrait se placer comme une nouvelle donne de l’image pieuse, en petit format, et qui se positionne comme un recueillement d’introspection, propice  à la méditation et à la communication avec la force des esprits.

L’adresse d’Éric Houser, en prélude à l’exposition, excellemment écrite, invite à la respiration, la promenade et à la nécessité de parcourir le lieu d’exposition comme un centre de regard porté vers l’ouverture et l’enrichissement , par l’association de toutes les différences et des croisements culturels qui forgent aussi l’identité personnelle et l’empreinte de l’artiste.

Je félicite Raphaël Lam qui s’inscrit, avec cette exposition porteuse, dans un parcours artistique solide, déjà fiabilisé et plus que prometteur pour son avenir.

Bon vent à lui !

Éric

Blog Débredinages

 

Exposition « le geste de coudre » de Raphaël Lam

Galerie « Autour de l’image », 44 rue Sala à Lyon 2ème

Jusqu’au 24 décembre

Photographie de l’artiste devant ses œuvres et focus sur un des tableaux