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débredinages – "s'enrichir par la différence !"

Mois

septembre 2018

L’Hôtel de Yana Vagner

Amie Lectrice et Ami Lecteur, j’ai pénétré pour la troisième fois l’univers de cette auteur Russe, que j’ai eu le vif plaisir et le privilège de rencontrer également trois fois, pour deux discussions à Quais du Polar, à Lyon en 2015, et cette année, et au Salon du Livre Paris, au mois de mars dernier.

J’avais été fortement saisi par sa capacité à enchevêtrer ses personnages aux prises avec des situations de crise, de catastrophe, en montrant que les instincts grégaires et individualistes l’emportent souvent sur le fraternel et le solidaire, et en observant également que même dans la négation la plus impitoyable de la déshumanisation, on retrouve aussi des interstices positifs, capables de redonner si ce n’est confiance à la tolérance, en tous cas de ne pas percevoir une fin indépassable ou sournoise dans la relation à l’autre…

Vongozero, son premier roman analysait la fuite de personnes de mêmes réseaux ou familles, avec leurs atermoiements et déchirures, leurs fêlures et leurs failles, qui pour échapper à un désastre de pandémie impitoyable mettent le cap pour le Grand Nord, à la limite de la Finlande, pour tenter d’échapper au pire…

Le Lac, son deuxième roman, sorte de constitutif du premier, décrit le vécu des exilés et naufragés et entre enfermement, tensions, désespoir et incommunicabilités, essaie d’ouvrir une porte de sortie pour une libération des entraves comme des obligations de rester en isolement.

On retrouve dans ce nouveau roman, dense, ciselé, excellemment traduit par Raphaëlle Pache, une nouvelle fois, au talent de restitution parfait (enseignant moi-même les langues, j’ai eu une longue conversation avec Yana Vagner à Quais du Polar sur l’importance d’une traduction fidèle et ciselée aux préceptes de l’auteure), les mêmes vertus nourricières de la prose de Yana, qui associent une profonde désillusion sur la capacité à vivre en commun de manière désintéressée en respect des différences, une capacité indéniable à forger des caractères et personnages pétris de richesses mais surtout envoûtés par leurs petites lâchetés récurrentes, et une volonté de construire, avec un sens de l’humour certain, une histoire solide, dont on ne percevra pas la fin, si la notion de conclusion peut éventuellement s’imposer…

Une bande d’amies et d’amis – enfin que l’on peut décrire comme telle si l’acception du mot « ami » résonne comme un lien de connaissance et de nécessité de rencontre, sans profondeur, sans assurance de répondre en permanence aux besoins de bouée que suscite naturellement l’amitié solidaire et désintéressée – au niveau de vie plutôt bien garni, travaillant dans le cinéma, la production, la scénarisation et le juridique de l’activité artistique, décide, sous l’impulsion, d’Ivan, le chef de bande, de passer une semaine en la montagne enneigée d’un endroit dont on ne connaîtra pas l’identité, mais qui peut ressembler à la Pologne actuelle (je prends le pari), car ce pays apprécie peu les Russes et les Allemands… Les Russes, car ils furent dominateurs et inquisiteurs du pays et les Allemands, parce qu’ils furent des envahisseurs…

Quand la bande arrive à destination, en jet privé, elle n’attend qu’une chose : rejoindre un hôtel d’altitude, réservé exclusivement pour les neuf personnes constitutives de l’équipée et qui veulent profiter de la vue, du charme du paysage et vivre intensément et avec bonheur, en étant en certitude de pouvoir se rassasier et boire à foison, avec des victuailles et alcool ouverts pour eux à satiété.

Mais quand ils arrivent à destination, accueillis par leur hôte, Oscar, taciturne et sur la réserve, bien que courtois et à leur service indéfectible, ils sont coiffés par une sorte d’avalanche ou de chute de neige imprévue, d’une densité impitoyable, qui entraîne que le téléphérique qui les a transportés ne peut plus fonctionner et que toute électricité rend l’âme ; ils se trouvent livrés à eux-mêmes, sans repère, sans captation de réseau de portable, sans assistance, au milieu de nulle part, avec juste la possibilité de se chauffer au charbon, d’utiliser par fréquences rares un groupe électrogène et en obligation d’attendre que le temps se radoucisse et que les choses s’apaisent…

Dans cette correspondance plutôt névrotique, en une arrivée nocturne rude, l’équipe monte dans ses chambres respectives et le lendemain matin, une de leur amie, Sonia, est retrouvée, quasi congelée, en contrebas d’un précipice, visiblement assassinée car sa poitrine revêt la marque d’un bâton de ski.

L’auteure nous transmet juste un indice, l’assurance qu’Oscar a vu ce qui s’était passé, mais n’est pas intervenu ou n’a pas voulu intervenir ; il était à la fenêtre quand il a repéré les conditions du crime.

Yana nous emporte pendant 500 pages, qui se lisent avec passion, de manière virevoltante, sur les traces des protagonistes qui cernent très vite que leur amie n’a pu être tuée que par l’un d’entre eux ou par Oscar, et elle effectue des flash-back incessants entre leur vécu en l’hôtel, leur passé récent et leur histoire personnelle et professionnelle, sentimentale et familiale, souvent déchirée, complexe et où ils ont tous dû, à un moment donné, décider de choisir entre compromission et vérité, volonté de se placer pour vivre de manière plus aisée et acceptation d’être privée d’une partie de libre arbitre, en plaçant le collectif de l’équipe en supériorité de leur indépendance ou de leur jugement.

Lisa apprécie faire la cuisine et aime que tout soit ordonné, mais on ressent assez vite que son bonheur de voir toutes les choses structurées ne se place qu’en façade et qu’elle n’assume pas une capacité à vouloir franchir les lignes ou sortir d’un carcan qui la réconforte mais qui lui pèse aussi.

Macha s’adonne à la sentimentalité et à la douceur, mais elle peut aussi réfuter, s’irriter, et elle renferme des éléments enfouis qui la traversent et l’empêchent de se définir.

Lora renferme un secret de jeunesse lourd, et quand elle est devenue la petite amie d’Ivan, elle est apparue écervelée et décalée, et elle sait que se faire une place dans l’équipe restera une gageure.

Tania essaie de se comporter en bonne copine, ouverte et réconfortante, mais elle n’arrive pas à se positionner et elle se place entre lucidité introspective momentanée et ouverture sur un avenir radieux potentiel qui n’arrivera pas.

Ivan sait que sa richesse le rend maître de toute situation et qu’il peut tout mettre en œuvre ; s’il partage sa fortune de manière volontariste, il ne résiste pas au retour qui lui parvient fréquemment d’acheter les amitiés et de faire taire les déchirures par son fric…

Égor assume sa capacité à dire les choses et à aller au combat, mais il n’est pas en mesure de décider et de faire des choix et quand la clarté s’ouvre à lui, le principe de conservation du confort l’emporte sur toute autre libéralité.

Piotr se positionne comme un volontariste, un costaud, un imaginatif, un décideur, mais sa dynamique systématisée ne cache-t-elle pas une boulimie frénétique du paraître et de l’envie qu’on l’aime…

Vadim répond en permanence aux caractéristiques de l’alcoolique qui se perd et qui se noie, dans tous les sens du terme, et le roman dévoile souvent ses douleurs, ses contraintes et lui apporte à la fois appuis et soutiens, mais aussi démarcation de ses insuffisances et de ses inconséquences qui le livrent aux abymes.

Et Oscar, qui se place comme l’hôte circonstanciel, renferme une histoire qui s’étale sur la Grande Histoire de son territoire, avec ses fosses à purin et ses moments de sublime et s’il assiste au déséquilibre et au désastre de la palanquée de Russes riches, il ne peut ni s’en satisfaire, ni le regretter et l’on sent qu’il vit sa vie comme une ascèse compliquée…

Prenez tous ces personnages avec leurs déchirements, associez leurs drames et tensions enfouis qui ressurgissent avec sagacité en cette histoire sordide de séjour qui tourne au cauchemar, assaisonnez avec le talent de l’auteure pour développer des chausse-trappes et ponctuez la lecture par une bonne dose d’humour noir, ravageur assumé, et vous recevrez cette offrande romanesque comme un vrai plaisir de lecture, qui transcende tous les codes du roman noir, du sociétal à la Daenincks, de l’historique à la Indridason, jusqu’aux saveurs d’un Agatha Christie que l’on relit avec bonheur, en se remémorant des antiennes et des passerelles conservées en nos mémoires.

Un livre fort et marquant, qui amplifie le talent inspiré de Yana, qui m’a précisé que le premier auteur de roman noir était Dostoïevski, ce qui m’a ramené à le relire, cet été, et qui me permet de pouvoir envisager aussi une prochaine conversation avec l’auteure, facile au dialogue et à la culture littéraire invitante, comme on dit dans la Belle Province.

 

Éric

Blog Débredinages

 

L’Hôtel

Yana Vagner

Traduit magistralement du russe par Raphaëlle Pache

Mirobole Éditions

Photo avec l’auteure, au Salon du Livre Paris, en mars dernier

Le lambeau de Philippe Lançon

On ne sort pas indemne de la lecture de ce livre saisissant, écrit dans l’acception la plus intégrée de l’expression, « à vif », pénétrant, et surtout témoignage littéraire, indépassable et majeur d’un journaliste de Libération et de Charlie-Hebdo, mutilé, gueule cassée du terrifiant attentat du 7 janvier 2015.

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas de celles et de ceux qui ont seulement lu, parfois avec un opportunisme de mauvais aloi, Charlie Hebdo, post janvier 2015.

J’ai lu, depuis des lustres, ce journal, qui m’a toujours apporté, par ses éclairages décapants sur les sujets sociétaux, par ses critiques culturelles où l’on sait que leurs auteurs lisent les livres ou visionnent les films dont ils parlent (ce qui devient de plus en plus rare de nos jours, et je peux vous l’assurer en tant que blogueur qui croise parfois des plumes de référence qui semblent ne pas connaître les auteurs dont elles parlent…) et bien évidemment par la force des dessins de signatures percutantes, à l’humour réfutant toute forme de sacralisation. Je me souviens fortement d’une récurrence de Cavanna qui répétait qu’il « n’y avait pas de sacré » et que tout sujet pouvait se prêtait à la dérision.

Quand l’horrifiant attentat du 7 janvier 2015 a surgi, j’ai d’abord pleuré d’émotion avec le départ d’auteurs qui étaient mes amis de compagnonnage de lecture et bien évidemment, j’ai comme d’autres, défilé (c’était à Lyon, avec 300 000 personnes), le 11 janvier, pour crier que les inquisitions ne passeraient pas et pour que la liberté de dire et d’écrire ou de décrire soit toujours préservée et défendue, par-delà les postures de celles et ceux qui appelaient à une forme d’autocensure ou d’acceptabilité de la convenance critique…

Philippe Lançon a écrit un livre qui ne s’affecte pas simplement comme un récit de vie ou de survie, mais il a surtout composé une œuvre protéiforme plongée, malgré lui, dans la réalité insupportable qui l’a frappé.

Une œuvre où selon l’expression de Céline, qui s’applique ici encore plus dans toute son étendue, « il a laissé ses tripes sur la table ».

Tenter de chroniquer un livre d’une telle force revêt une gageure que mes limites ne pourraient jamais atteindre, alors je vais me contenter, mais en pleine sincérité, de relater ce qui m’a ému, fragilisé, m’a invité à réfléchir, m’a incité à  entrer en introspection et m’a convaincu de combattre.

J’ai été ému par la force de caractère de l’auteur qui ne se sentira jamais comme héros mais qui affronte, sans renier ses déchirements, fatigues, lassitudes ou insuffisances, toutes les panoplies envisagées pour reconstituer sa mâchoire, totalement dévastée, de la lèvre supérieure au menton, et qu’il fallait reconstituer en utilisant plusieurs parcours de soins, chacun pouvant aboutir à un échec…

J’ai été ému par sa capacité à ne jamais se prendre au sérieux, y compris dans des détresses qui s’amoncelaient, à sa faculté à regarder les autres avec la volonté de ne jamais céder sur le fait qu’il vivait une vraie douleur, qu’il n’acceptait pas les compassions de façade et les facilités à lui souhaiter un prompt rétablissement, alors que les soins allaient se perpétuer sur une durée indéterminée, et à son message de saluer solidairement toutes les personnes au quotidien qui cherchaient à l’accompagner, l’aider, sans sur-ajout, avec la seule simplicité de la transmission d’un remerciement pour avoir reçu un supplément d’âme pour lui permettre de tenter d’avancer.

J’ai été fragilisé quand j’ai compris ce que signifiait « le lambeau », au sens strict : la réalisation d’une greffe opératoire où l’on prend le péroné de l’auteur (os qui représenterait des proximités avec ceux du menton et de la mâchoire) et que l’on va fixer pour reconstituer le facial, en y ajoutant une partie de peau du mollet, greffée. Bien évidemment cette reconstitution sommaire à la hâte, en cette humble chronique, du vécu opératoire de l’auteur, ne représente pas beaucoup de sens, mais l’auteur rend hommage récurrent à sa chirurgienne, Chloé, qui avec opiniâtreté, va expliquer quels sont les enjeux de cette greffe sensible, nécessitant plusieurs interventions difficiles.

La volonté de reconstruire et reconstituer mâchoire, lèvres, dentition et menton, entre ossification, veines et musculatures, représente une vraie prouesse chirurgicale, nous l’entendons bien, mais aussi une ascèse absolue pour le patient qui s’est vu défiguré, qui a vécu des journées et des nuits avec des appareils de transfusion lui assurant une alimentation qu’il ne pouvait plus organiser, avec des élans de douleur qu’il souhaitait déclamer le plus tardivement possible, pour éviter d’être repéré comme douillet potentiel, alors que les déchirures pouvaient l’amener lentement en une forme de morbidité…

J’ai été fragilisé quand l’auteur se soucie du regard des autres, et notamment de ses proches et intimes.

Il ne veut pas les voir pleurer ou sombrer dans le chagrin, mais il ne veut pas non plus leur garantir que les choses iront mieux, alors que lui-même ne sait pas ce que demain apportera. Il ne veut pas non plus prendre dans ses bras son dernier amour, par obligation sentimentale de potentielle façade…, avec lequel il avait programmé la veille de l’attentat, de la rejoindre sur New-York et qui lui reproche, sans aucune once de méchanceté, mais parce qu’il faut bien continuer à vivre, de ne penser qu’à lui, qu’à son état et de ne plus écouter ce qui se passe autour…

L’auteur ne peut faire autrement que de dire à celle qu’il aime que sa vie ne peut être autrement que rythmée par les soins et opérations et qu’une vie arrêtée lors d’un attentat ne sera jamais plus la même, que toute sa concentration est portée sur sa faculté à essayer qu’un mieux soit possible, sans le rêver, sans l’idéaliser, mais en se battant pour, quitte à être injuste et rude avec celles et ceux qui ont tant apporté. L’auteur précise qu’il a conscience de se placer en égoïsme, mais que sans lui il ne pourrait plus rien affronter.

J’ai été invité à réfléchir pour réfuter encore plus fortement que je ne le faisais toutes celles et tous ceux qui nous transfèrent en permanence les théories du complot, qui voient à chaque attentat non pas des auteurs déterminés, fanatisés par des brûleurs de conscience avides de haine et de destruction, mais des complicités voilées qui organiseraient un monde souterrain.

Les attentats du 11 septembre seraient une concrétisation des services secrets Israéliens et ceux de 2015 une volonté des démocraties de placer une chape de plomb sur les citoyens, avec l’État d’urgence, pour organiser des réformes que sans lui, il lui serait difficile de concrétiser…

Stop à ces supercheries intellectuelles et à ces scandales qui peuvent tout justifier, et même l’horreur, revenons à la simplicité du réel. Les attentats sont l’œuvre de terroristes islamistes, point, ce qui ne veut pas dire que l’on place à la vindicte la religion musulmane, bien évidemment. Mais l’auteur regrettera qu’il ait pu, même s’il est non croyant, rencontrer un aumônier, en hôpital, mais jamais un imam, alors qu’il aurait apprécié une conversation avec lui…

J’ai été invité à réfléchir pour défendre en permanence (je l’avais déjà fait lors de la parution de Charlie après les attentats de Barcelone, en août 2017) la liberté d’expression, y compris celle qui pourrait être associée à ce que l’on appelle pudiquement « l’excès de caricature » ; quand l’an dernier, glosaient méchamment sur Internet, des sbires qui reprochaient le dessin de Riss sur « l’islam religion de paix », en montrant un véhicule qui laissait plusieurs morts sur son passage, j’ai dit sur mes réseaux et à mes entourages personnels et professionnels que je défendais Charlie contre toutes celles et tous ceux qui lui reprochaient d’attiser le feu et la haine ou la provocation. J’ai dit et je continuerais à le dire à mes amies musulmanes et amis musulmans de passer plus de temps à dénoncer les actions terroristes qui pervertissent de haine leur religion plutôt que de déclamer de ne pas faire d’amalgame et de sentir ostracisés…

Par moments, il faut aller aux essentiels et l’invitation à la réflexion de l’auteur nous y invite, lui qui n’a jamais eu et n’aura jamais de haine, mais qui ne se rendra plus chez un épicier où il avait ses habitudes depuis que sa vision des attentats se complaît en des théories fumeuses…

J’ai été incité à l’introspection pour reprendre des lectures ou écouter de la musique, quand tout semble aller mal ou que tout va de travers.

L’auteur glisse avec fréquence que la lecture l’a aidée et notamment la relecture récurrente de Proust et de La Recherche du temps perdu (forcément presque prémonitoire dans sa dureté de titre avec le vécu de Philippe Lançon) ou l’écoute éperdue de Bach. Seule la culture peut sauver de la haine et des angoisses et l’auteur s’est caractérisé un objectif : construire du beau autour de lui, alors qu’il ne vivait que du moche, et d’abord sa gueule cassée, par-delà les masques portés et les échappatoires aux pansements tellement douloureux…, car à refaire en permanence, et qui fuitaient avec une telle intensité qu’il en perdait autonomie et intime appartenance de soi-même…

En amenant un livre au bloc, et notamment les lettres de Kafka à Milena, ou en écoutant des cantates de Bach, ou en revoyant un film avec son frère, tellement aidant, et qu’il place en premier lieu dans ce livre comme réconfort, il retrouve un vécu de sensations et donc de beauté, tellement indispensable pour tenter de surmonter des tensions rudes.

J’ai été incité à l’introspection pour donner du temps au temps et savourer les palpitations des petits moments de bonheur. L’auteur qui aime tant parler n’a pas eu la possibilité physique, puis ensuite on le lui a interdit, pour des raisons liées à son traitement et à la réussite (si l’on peut dire) de sa prise de greffe, de pouvoir utiliser sa voix, car sa bouche était terrassée et explosée. Et pour lui, et il a mille fois raisons, le bonheur passe d’abord par le plaisir d’échanger avec celles et ceux que l’on aime et réinventer un monde plus ouvert, tolérant et libéré, pétri de voyages, de douceurs et d’affections.

J’ai été invité à combattre et je m’y inscris en permanence, pour réfuter toute forme de catéchisme dogmatique, tout endoctrinement, toute privation de la liberté de penser, de dire, de déclamer que l’on souhaite vivre en concorde, en ouverture et que tout repli sur soi n’apporte que déchirure funeste et insuffisances.

Comme le disait Neruda : « Apprenons à regarder, à nous observer, à nous contempler, à bavarder de nos limites et fêlures et ouvrons nous sur le Monde pour magnifier ses beautés et rejeter tous ses inconforts et toutes les turpitudes de celles et ceux qui veulent se l’accaparer… ».

Un livre exceptionnel, récit de vie et de douleurs, message de force et d’espoir, et donc de résistance !

Merci Philippe pour votre force multiformes et recevez mes très sincères affections !

Un livre, fer de lance et référence de la vraie littérature, celle qui fait réfléchir, sait rendre meilleur et dit tout, pour avancer, par-delà les errements et même les horreurs.

Éric

Blog Débredinages

 

Le lambeau

Philippe Lançon

Gallimard, collection nrf

21€

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